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A.P.P.H.I.M Mémoire de la Mine et des mineurs

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La naissance des infrastructures de desserte ferroviaire des Mines de BRUAY

La Compagnie des Mines de BRUAY-EN-ARTOIS

Au milieu du XIXème siècle, la découverte de la houille à BRUAY-EN-ARTOIS va révolutionner le territoire communal et celui des localités environnantes tant par le développement de nombreuses installations, cités et équipements que par la création de plusieurs infrastructures ferroviaires visant à répondre aux besoins de l’exploitation du charbon.

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La Compagnie de BRUAY créée en 1850 se trouve dans la partie Ouest du Bassin Minier du Nord/Pas-de-Calais. Elle exploite l’un des gisements les plus réguliers de la région constitué de trois faisceaux de vingt couches dont les ouvertures variaient de 1,20 m à 2,50 m, les deux premiers contiennent du charbon flénu à longue flamme et le troisième du charbon gras à flamme courte qui donne un bon coke.

L’exploitation qui commence en 1850 se fera sur huit sites comprenant 18 puits, elle s’achèvera en 1979 au siège 6 d’HAILLICOURT. 210 millions de tonnes de charbon seront extraites de 1856 à 1979.

FOSSES

PUITS

LIEUX

PÉRIODE D’ACTIVITÉ

PRODUCTIONS

3 BRUAY*

3-3 bis-3 ter

BRUAY-EN-ARTOIS

1870-1966

53,60 millions de t

6 BRUAY**

6-6 bis-6 ter

HAILLICOURT

1916-1979

50,48 millions de t

4 BRUAY

4-4 bis-4 ter

BRUAY-EN ARTOIS

1881-1954

39,24 millions de t

5 BRUAY

5-5 bis-5 ter

DIVION

1889-1969

30,52 millions de t

1 BRUAY

1-1 bis

BRUAY

1855-1930

16,79 millions de t

7 BRUAY

7-7 bis

HOUDAIN

1929-1954

10,35 millions de t

2 bis BRUAY

2 bis

HAILLICOURT

1863-1956

8,80 millions de t

2 BRUAY***

2

BRUAY-EN-ARTOIS

1858-1956

0*

* La fosse 3, sans avoir été un siège de concentration, est celle qui a été la plus productive du Bassin.

** Les fosses 4 et 7 ont été concentrées sur le siège 6 à partir de 1954 et la fosse 7 de BARLIN en 1967.

*** À cause de problèmes d’infiltration d’eau, la fosse 2 n’a pratiquement pas produit de charbon de 1858 à 1868 et l’extraction a dû être abandonnée ; ce n’est qu’à partir de 1880 qu’elle a été réaménagée pour l’aérage de la fosse 2 bis à HAILLICOURT.

Pour un bon fonctionnement de tout cet ensemble, il a fallu créer un réseau de chemins de fer pour relier toutes les fosses de la Compagnie entre elles et avec les autres installations (dépôts de matériel, ateliers de réparation des locomotives et des wagons, cokeries, lieux d’expédition du charbon, …) et pour se connecter aux lignes nationales destinées au transport des voyageurs. Voici l’histoire de la création de ces infrastructures de desserte ferroviaire .

L’embranchement de la Compagnie des Mines de BRUAY

Selon Alfred PICARD, la création de l’embranchement de la Compagnie des Mines de BRUAY est contemporaine de la mise en service de la section ARRAS / HAZEBROUCK de la ligne d’ARRAS à DUNKERQUE-Locale (ouverte en 1861 de LENS à HAZEBROUCK et en 1862 d’ARRAS à LENS). Constituant aujourd’hui la ligne n°301 000 du réseau ferré national, cet axe est aussi dénommé ‘’ligne des Houillères du Pas-de-Calais’’. Dans son ouvrage de 1884 « les Chemins de fer français - Etude historique sur la constitution et le régime du réseau », Alfred PICARD signale pour l’année 1860 : « un grand nombre de concessions de chemins de fer industriels » et notamment « huit chemins raccordant les mines d’AUCHY-AU-BOIS, de VENDIN-LES-BÉTHUNE, de MARLES-LES-MINES, de FERFAY, de DOURGES, de LENS, de NŒUX-LES-MINES et HERSIN-COUPIGNY et de BRUAY-EN-ARTOIS à la ligne des Houillères du Pas-de-Calais » par le biais de décrets pris les 25 & 28 avril, 8,9 & 26 mai et 6 juillet 1860.

Ceci est confirmé par Émile VUILLEMIN, ingénieur administrateur de la Compagnie des Mines d’ANICHE. Dans son ouvrage « Le bassin houiller du Pas-de-Calais, Histoire de la recherche, de la découverte et de l’exploitation de la houille dans ce nouveau bassin », Émile VUILLEMIN mentionne : « La première fosse de BRUAY (la fosse n°1, NDR) entre en exploitation en 1856. Elle est à sept kilomètres du chemin de fer projeté des Houillères, et à neuf kilomètres du canal d'AIRE à LA BASSÉE. Ses produits ne s'écoulent que par voitures et avec difficultés. Aussi, la Compagnie songe bientôt à se relier par un embranchement à la ligne des Houillères qui a été livrée à la circulation à la fin de 1861. Elle obtient le 6 juillet 1860, un décret d'utilité publique pour l'exécution d'un embranchement aboutissant à FOUQUEREUIL. La Compagnie a acquis les terrains et la Compagnie des chemins de fer du Nord effectue les travaux, moyennant paiement de dix annuités de 66 952,31 francs chacune». Cet embranchement, mis en service en 1863, dessert les fosses n°1 (foncée en 1852) et n° 2 (foncée en 1858).

La Compagnie des Mines de BRUAY obtient, par décret du 13 octobre 1867, l’autorisation d’établir un sous-embranchement relié, à la Volville, à l’embranchement de 1863. Ce sous-embranchement, destiné à assurer la desserte ferroviaire de la fosse n°3 (foncée en 1866), est mis en exploitation en 1871. Par décret en date du 7 mai 1872, elle obtient par ailleurs la concession d’une voie de raccordement rattachant l’embranchement de 1863 au canal d’AIRE à LA BASSÉE. Cette nouvelle voie de 4 km franchit la ligne ARRAS / DUNKERQUE-Locale par un ouvrage d’art qui existe encore aujourd’hui. Affectée au service exclusif des Mines, elle est livrée à l’exploitation en 1875. Émile VUILLEMIN signale à ce sujet : « une propriété de vingt hectares a été achetée pour l'établissement d'un bassin d'embarquement, de voies de garage, et de dépôt de charbon, de bois, etc. (…) Le rivage de BÉTHUNE a permis à la Compagnie de BRUAY d'étendre ses débouchés par la voie d'eau et les chiffres de ses expéditions par bateaux montrent bien l'influence heureuse qu'a eue à cet égard, la création de ce rivage ». Ce rivage de la Compagnie est muni d’un basculeur hydraulique, inventé par l'un de ses ingénieurs des travaux du jour, M. FOUGERAT. Il permet de déverser directement dans les péniches, dans un temps très court et de manière économique, le contenu des wagons de dix tonnes expédiés depuis les différentes fosses.

Dès 1875, les fosses n°1, n°2 et n°3 se trouvent donc desservies par le fer moyennant un embranchement ferroviaire connecté à FOUQUEREUIL à la ligne d’ARRAS à DUNKERQUE-Locale et reliant également le rivage de la Compagnie situé au Nord de BÉTHUNE. En 1878, le réseau ferroviaire des Mines de BRUAY présente quinze kilomètres de développement. Alors que l’exploitation des fosses n°4/4 bis (foncées en 1874 et 1875) commence, la voie ferrée desservant les fosses n°1 et n°2 est prolongée par une nouvelle section : les fosses 4/4 bis se trouvent reliées à l’embranchement ferroviaire de la Compagnie dès 1881.

A la fin du XIXème siècle, la Compagnie fonce les puits n°1bis (1889), n°3 bis (1891), n°5/5 bis (1889/1892). Les installations du n°5 seront elles aussi desservies par le fer à l’aide d’un sous-embranchement se raccordant à la Volville à l’embranchement ferroviaire de 1863.

La ligne BULLY-GRENAY / BRIAS

Parallèlement, on projette la réalisation d’une nouvelle infrastructure ferroviaire reliant, via Bruay-en-Artois, la gare de BULLY-GRENAY située sur la ligne d'ARRAS à DUNKERQUE-Locale à celle de BRIAS située sur la section ST POL-SUR-TERNOISE / FOUQUEREUIL de la ligne de FIVES à ABBEVILLE (ligne n°289 000 du réseau ferré national). Cette ligne à voie unique, d’une longueur d’environ 30 km, est déclarée d'utilité publique au titre de l'intérêt local par le décret du 24 février 1876, décret qui approuve par ailleurs la convention du 30 janvier 1875 passée pour sa concession entre le Conseil Général du Pas-de-Calais et la Compagnie des chemins de fer du Nord.

En 1878, la ligne BULLY-GRENAY / BRIAS est mise en service alors que la mise en exploitation de la section FOUQUEREUIL / ST POL-SUR-TERNOISE de la ligne n°289 000 s’effectue par tronçons successifs sur la période 1875-1879. La ligne est reprise définitivement par la Compagnie des chemins de fer du Nord selon les termes d'une convention signée entre le Ministre des travaux publics et la Compagnie le 5 juin 1883. Cette convention est approuvée par une loi en date du 20 novembre 1883 qui reclasse la ligne BULLY-GRENAY / BRIAS dans le réseau d'intérêt général.

Dès sa mise en service, la ligne BULLY-GRENAY / BRIAS (qui deviendra la ligne n°309 000 du réseau ferré national) est utilisée pour transporter la houille et amener les matériaux de toute nature nécessaires au fonctionnement des différentes fosses mais aussi pour acheminer sur leur lieu de travail une partie des personnels depuis les zones rurales proches. Plusieurs compagnies minières y raccordent leurs installations, notamment celle de NŒUX qui vient connecter plusieurs embranchements particuliers notamment au droit des fosses no4/4 bis (HERSIN-COUPIGNY), n°5/5 bis (BARLIN / HERSIN-COUPIGNY), no7/7 bis (MAISNIL-LES-RUITZ) et n°9/9 bis (HERSIN-COUPIGNY), l’embranchement desservant ces 2 dernières fosses servira d’ailleurs plus tard à la desserte de l’usine des Ciments Français de BARLIN située à proximité.

La Compagnie des Mines de BRUAY, bien que disposant d’un embranchement particulier sur la ligne d'Arras à Dunkerque-Locale qui permet la desserte de l’ensemble de ses fosses, décide elle aussi de raccorder son réseau à la ligne BULLY-GRENAY / BRIAS. Entre le point d’arrêt des alouettes et la gare de BRUAY-EN-ARTOIS, inaugurée le 1er octobre 1878, elle connecte le sous embranchement qui dessert ses installations du n°4, du n°1 et du n°2. C’est ainsi que dès 1884, les fosses n°4/4 bis peuvent être desservies par la gare de BRUAY-EN-ARTOIS. Dès le milieu de la décennie 1880, les Mines de BRUAY sont donc à la fois desservies par le Sud grâce à la ligne BULLY-GRENAY / BRIAS et par le Nord-Est via l’embranchement de 1863 raccordé, à FOUQUEREUIL, à la ligne ARRAS / DUNKERQUE-Locale, ces deux réseaux se trouvant connectés par la liaison ferroviaire entre les installations des puits n°2 et n°4/4 bis. Au début du XXème siècle, les fosses n°5 ter (1901), n°2 bis (1903), n°7 bis (1907) et n°6/6 bis (1909) sont foncées par la Compagnie des Mines de BRUAY.

Le choc du premier conflit mondial

Pendant la guerre 1914-1918, les sites et installations de Compagnie des Mines de BRUAY, de même que ceux des Compagnie des Mines de MARLES ou de NŒUX, situés à proximité immédiate du front, demeurent sous contrôle des armées alliées. Sous les bombardements allemands, la poursuite de l’exploitation des mines de ce secteur revêt pour la France un intérêt stratégique : il faut soutenir l’effort de guerre. Les infrastructures ferroviaires sont densément utilisées pour l’évacuation de la houille comme pour les divers et incessants besoins militaires. De nombreux travaux ferroviaires sont menés.

C’est ainsi que les travaux du sous-embranchement de desserte des installations des fosses n°2 bis, n°6/6 bis et n°7 bis depuis l’embranchement ferroviaire de 1863 sont rapidement achevés et complétés. Une nouvelle voie raccorde d’ailleurs ce sous-embranchement à la ligne d’ARRAS à DUNKERQUE-Locale en desservant la station de transbordement dite de la Pierrette située au sud de FOUQUIÈRES-LES-BÉTHUNE. Cette nouvelle voie s’embranche sur la ligne d’ARRAS à DUNKERQUE-Locale au sud du cours de la Lawe entre la gare de BÉTHUNE et le faisceau ferroviaire de FOUQUEREUIL où le raccordement de l’embranchement de 1863 est également remanié.

Les puits n°5/5 bis/5 ter à DIVION sont raccordés à la ligne BULLY-GRENAY / BRIAS qui se trouve portée à 2 voies sur sa section BRIAS – HOUDAIN. Parallèlement, les sections FOUQUEREUIL / BRIAS et BRIAS/ ST POL-SUR-TERNOISE de la ligne FOUQUEREUIL / ST POL-SUR-TERNOISE sont respectivement portées à 3 et 4 voies. Un nouveau raccordement est par ailleurs réalisé sur le nœud ferroviaire de ST POL-SUR-TERNOISE pour permettre aux convois en provenance de BRUAY de relier directement Arras sans rebroussement en gare de ST POL-SUR-TERNOISE. Les autres lignes de l’étoile ferroviaire de ST POL-SUR-TERNOISE, haut lieu de l’implantation des armées alliées pendant le conflit, font également l’objet d’importants aménagements capacitaires : les lignes ST POL-SUR-TERNOISE / ARRAS et ST POL-SUR-TERNOISE / ÉTAPLES sont ainsi portées à 2 voies.

Pendant et à l’issue du premier conflit mondial, la Compagnie des Mines de BRUAY fonce ou achève le fonçage des fosses n°6 ter (1915), n°3 ter (1916), n°4 ter (1919) et n°7 (1919). Après la délivrance vient le temps de la reconstruction … les Mines de BRUAY y prendront leur part.

chemin de fer auchel bruay.jpg

Eddy FACON, le 04/02/17

Sources : Archives nationales du monde du travail / Archives départementales du Pas-de-Calais / APPHIM / Alfred PICARD - « les Chemins de fer français - Etude historique sur la constitution et le régime du réseau » - Tomes n°1, 2 & 3, 1884 / IGN, Cartes spéciales des régions dévastées - 1920 / Site IGN « Remonter le temps » / Emile VUILLEMIN – « Le bassin houiller du Pas-de-Calais : histoire de la recherche, de la découverte et de l’exploitation de la houille dans ce nouveau bassin » - Tomes n°1, 2 & 3 - 1880, 1880 & 1883 / Guy DUBOIS et Jean-Marie MINOT – « Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais » - Tomes n°1 & 2, 1991 & 1992 / Bertrand COCQ et Guy DUBOIS, « Histoire des mines de l'Artois » - 1982 / Charles TOURSEL « Bruay en Artois et sa région de 1870 à 1918 » - 1978 / Charles TOURSEL « Bruay-en-Artois et sa région de 1918 à 1945 » - 1980 / Données personnelles.


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