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A.P.P.H.I.M Mémoire de la Mine et des mineurs


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L’ HISTOIRE DES HOUILLERES DE BLANZY EN BOURGOGNE

1° Des origines à 1833 :

C’est au 16ème siècle que date l’extraction de la houille dans cette région où, en 1528, les terriers du Plessis et d’Ocle établissent les droits des seigneurs sur les terrains dont le gisement est néanmoins gaspillé en raison de la multitude des petites exploitations.

En 1744, une ordonnance royale différencie la notion de propriété du sol de celle du sous-sol.

Dès 1750, François de la Chaise exploite le charbon à l’aide de puits et galeries et obtient en 1769 un droit de 50 ans sur la concession de Montcenis qui englobe les Mines du Creusot et de Blanzy.

En 1782 est créée la Fonderie Royale du Creusot qui reprend en 1986 la concession de François de la Chaise.

En 1791, les propriétaires de la surface obtiennent certains droits. C’est le cas de Nicolas Seguin, époux de Henriette Cochet, l’héritière du domaine de Savigny (Blanzy)

En 1793 est ouvert le canal du Centre dont deux entrepreneurs proposent aux époux Seguin ainsi qu’à Charles Lambert, leur fermier, l’exploitation du charbon sur leurs terres, et en 1794 est créée la société Pourtalès, Deplace, Perret et Cie.

En 1795, à l’issue du différend avec les propriétaires du Creusot, les deux concessions s’unissent « pour raison d’Etat » et exploitent sur le commune de Blanzy.

En 1796, un mémoire décrit entre autres la Mine de Blanzy et ses 11 puits plus ou moins actifs : ceux d’extraction de la Molette et de l’Etang-Denis, chacun doublé d’un puits d’exhaure, dont celui de la Pompe à Feu équipé d’une machine d’épuisement à vapeur ; ceux numéros 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Profonds d’une trentaine de mètres, ils permettent l’exploitation des veines qui se fait par galeries et recoupes, selon le principe d’abandon des piliers et chambres, méthode qui laisse en place les 3/4 du charbon… L’extraction est de l’ordre de 65 tonnes par journée de 9 à 10 heures pour 200 personnes dont 60 mineurs

En 1809, Jean-François Chagot s’associe à MM Perret et Deplace de la Compagnie du Creusot. En 1811, les Mines de Blanzy n’ont que quatre puits en service et une centaine de mineurs.

En 1815, des recherches montrent que la plus grande partie du gisement se situe sous Montceau.

En 1818, suite à la faillite, la fonderie du Creusot est reprise par Jean-François Chagot qui conforte sa position sur les Mines de Blanzy, mais doit, en 1826, céder les Mines et Forges du Creusot à MM Mamby et Wilson, tout en conservant ses droits sur les Mines de Blanzy.

En 1832, par ordonnance royale, la concession de Montcenis est partagée en deux : celle de Blanzy et celle du Creusot. En 1833 est créée la Compagnie des Mines de Houille de Blanzy.

En 1836, les établissement du Creusot sont absorbés par la société Schneider Frères et Cie.

En 1838, la société en commandite Jules Chagot, Perret-Morin et Cie a pour gérants Jules Chagot et Joseph-Marie Perret-Morin, tous deux fils des fondateurs cités plus haut

Le Bassin Minier de Blanzy comprend alors la concession de Blanzy mais aussi ses voisines telles que : au Nord, celles du Ragny, des Crespins et des Perrins ; au Sud, celles des Badeaux, de la Theurée-Maillot et des Porrots (toutes rachetées entre 1841 et 1851 par la Compagnie de Blanzy).

On estime qu’une centaine de puits ont été foncés dans ce Bassin Minier entre 1750 et 1833. A la fin de cette époque, l’extraction est réalisée à l’aide de bennes reliées à un câble entraîné par un treuil à vapeur, tandis que la méthode d’exploitation est toujours celle des chambres et piliers.

En 1833, la concession de Blanzy occupe à elle seule 670 personnes, dont 550 au fond, pour une production nette de près de 50.000 tonnes.

Elle comprend 9 puits en activité pour l’extraction ou l’exhaure, soit 2 sur Blanzy : de l’Ouche et des Communauté ; et 7 sur Montceau : de la Charbonnière, de la Maugrand, de la Carrière, de la Vieille Pompe (déjà profond de 160 m), de la Pelouse, Barrat 1 et 2 (ils deviendront Lucy en 1835).

6 d’entre eux sont équipés de machines à vapeur. Ils sont presque tous desservis par des chemins de fer à voie de 80 cm et à traction hippomobile les reliant à 4 ports situés le long du canal du Centre.

Cependant, et malgré son développement rapide, l’exploitation est encore très artisanale et n’offre pas l’aspect d’une concentration industrielle.

2° De 1833 à 1875 :

L’exploitation nettement plus sérieuse débute avec Jules Chagot qui bénéficie alors des évolutions industrielles. Durant cette période, une trentaine de puits sont foncés et les carreaux se déplacent progressivement en direction de Montceau où le gisement est beaucoup plus important. Lucie n° 3 (1835), Cinq-Sous n° 2 (1835), Harmet (1838), Ravez (1841), Magny (1846), Sainte-Barbe (1853), Saint-François (1855), Sainte-Elizabeth (1857), Saint-Claude (1857), Lucy (1868), La Chassagne (1872), pour ne citer que les principaux. Maçonnés en briques, et d’un diamètre de 3 m, ces puits sont de plus en plus profonds. En 1868, le puits Saint-Claude atteint 502 m, alors qu’en 1834 le puits Saint-Pierre ne faisait que 144 m.

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Puits Lucy 3 et 4

La machine d’extraction voit sa puissance évoluer considérablement. Celle du puits Lucy 3, à deux cylindres horizontaux et construite au Creusot en 1954, fait 360 chevaux. En 1868, six ventilateurs d’aérage de 30 chevaux assurent les retours d’air. Toutes ces machines fonctionnent à la vapeur fournie par des batteries de chaudières reconnaissables à leur cheminée en briques. Bien que de plus en plus hautes, les charpentes de puits sont toujours en bois.

En 1837, la voie de 80 cm généralisée au fond améliore sensiblement la desserte des chantiers. En 1840, la traction des convois est assurée par des chevaux, et dès 1853, les cages guidées commencent à remplacer les bennes d’extraction.

En 1837, emploi de la méthode d’exploitation par éboulements avec remblayage par foudroyage du toit, et en 1863 pratique du remblayage par apport de stériles extérieurs.

De nombreux coups de grisou endeuillent le Bassin Minier : au puits Ravez, 9 morts en 1853 et 29 en 1855 - au puits Cinq-Sous, 15 morts en 1853, 89 en 1867 et 40 en 1872 alors qu’il est rebaptisé Saint-Eugénie.

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Puits Sainte Eugénie

En 1845, construction à Montceau, près du Canal du Centre, des bureaux centraux de la direction et des ateliers. Des installations annexes sortent à leur tour : agglomérés et fours à coke en 1849, ateliers centraux et lavoirs en 1854. En 1861 s’ouvre ligne PLM à voie normale Chagny-Montceau. En 1862, la voie étroite de 80, entièrement revue, va jusqu’au nouveau port de Montceau et reçoit une première locomotive à vapeur. En 1867, un nouveau centre de lavage fournit 450 tonnes/jour de charbon commercial. La voie étroite fait 32 km et emploie 6 locomotives et environ 500 wagons. En plus du PLM, la Compagnie procède au transport de ses charbons par voie navigable. En 1875, elle possède 6 remorqueurs à vapeur et près de 400 bateaux navigant sur la Saône, la Loire et les différents canaux.

En 1834, la Compagnie monte une caisse de secours aux malades, blessés, veuves et orphelins. En 1850, elle crée un système d’approvisionnement de produits alimentaires de base à prix réduit. En 1854, elle institue une caisse de retraites pour le personnel du fond, et au début des années 1880 celle du personnel de surface, caisses qui seront abrogées par la Loi de 1894 qui créera un cadre unique au niveau national pour de telles institutions.

En 1837 est édifiée la cité des Alouettes qui s’agrandit entre 1852 et 1877, tandis que sont créées celles du Bois-du-Verne, du Magny et de Bel-Air, portant à 1019 nombre de logements de Mineurs. Dès 1857 est mise en place l’accession à la propriété, créant ainsi les villages du Bois-du-Leu sur Sanvignes, et du Bois-Roulot et du Champ-du-Moulin sur Montceau-les-Mines.

En 1856, la loi du 24 juin crée Montceau-les-Mines qui récupère des terrains cédés par Blanzy, Salint-Vallier et Saint-Bairain-sous-Sanvignes. En1874 cette commune devient chef-lieu de canton.

De 1856 à 1877, Léonce Chagot (neveu de Jules Chagot) est à la fois directeur des Mines de Blanzy et Maire de Montceau-les-Mines, et la confusion est totale entre ces deux administrations. La Compagnie finance les édifices publics : l’église Notre-Dame (1862), l’hôpital des Mines (1871), les chapelles du Bois-du-Verne et du Magny. Elle paie aussi le bâtiment de la Gendarmerie (1874) et la moitié de la construction de l’Hôtel-de-Ville (1877). Enfin, elle accorde à la Ville des terrains pour son cimetière et son abattoir communal, ainsi qu’une place pour la tenue de ses marchés. Elle construit et entretient des salles d’asile et des écoles primaires au centre-ville et dans les cités écoles où sont accueillis la plupart des enfants, et rémunère les prêtres… Ainsi, et alors que la Compagnie reste le principal employeur du Bassin, c’est son personnel qui assure l’essentiel des tâches municipkg/cmales. Montceau-les Mines est quasiment devenue…. « Chagotville » !

3° De 1875 à 1950 :

La guerre de 1870 entrave la poursuite du développement de la Mine.

En 1874, la production de l’air comprimé contribue au remaniement des exploitations souterraines. Installés au Jour, les compresseurs envoient, à la pression de 6 kg/cm2, de l’air qui agit comme la vapeur sur les machines, mais sans élévation de température, et qui peut s’échapper directement dans l’atmosphère sans dispositif spécial, tout en apportant de l’air frais dans le chantier concerné. Cette énergie vaut pour la perforation mécanique et pour les treuils, les pompes et les ventilateurs.

En 1876, le tir à l’explosif utilise l’électricité, et en 1881, à l’étage 500 du puits Saint-Claude, une machine Gramme actionne un ventilateur. Les chariots en tôle de 700 litres transportent la houille, leur traction sur les rails de l’important réseau souterrain (roulage) étant assurée par des chevaux.

Les sièges d’extraction commencent à se concentrer, et des grands travers-bancs avec des cintres de soutènement métalliques sont percés. Des puits sont ravalés et élargis : Magny, Saint-François, Saint-Eugénie, Sainte-Elisabeth. Une trentaine d’autres sont foncés : Saint-Amédée (1877-1971), Jules Chagot (1879-1933), Saint-Paul (1882-1885), Saint-Louis (1883-1969), des Alouettes (1907-1960), Laugerette (1908-1966), la Centrale (1914-1955), Dracy (1923-1992), Plichon (1926-1967), Rozelay 1 (1939-1991), pour ne citer que des sièges d’extraction. D’un diamètre entre 4 et 5,70 m, leur profondeur atteint et dépasse souvent 400 m. Muraillés en briques, des moises horizontales y sont scellées pour recevoir les guides verticaux en cœur de chêne entre lesquels glissent les cages d’une capacité de 4 ou 8 berlines. Les chevalements métalliques remplacent ceux en bois et l’utilisation des câbles d’acier est généralisée.

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Puits Laugerette

Dès 1915, l’abattage se fait au marteau-piqueur pneumatique et à l’explosif. Le soutènement est en bois et le remblayage se fait à la pelle avec des remblais provenant de carrières en surface. Les poussières dans les chantiers au rocher provoquent une grave maladie pulmonaire, la silicose.

En 1905 la lampe à benzine est mise au point et en 1925 naissent les électriques portatives. Mais la Mine tue encore : en 1895, 28 morts au puits Sainte-Eugénie ; en 1939, 165 morts au puits Darcy ; et en 1943, 10 morts au puits de la Centrale. Au Fond, l’électricité n’a pas encore évolué, mais, au Jour, elle se développe rapidement, avec le téléphone en 1880, puis avec les lampes à arc et incandescence, puis remplace la vapeur pour les machines d’extraction, les ventilateurs d’aérage, etc. En 1909, le puits des Alouettes reçoit une machine de 1200 ch. En 1896, la station électrique des Alouettes démarre et, en 1919, la première centrale de Lucy fonctionne.

Bientôt les lavoirs de Montceau, datant d’avant 1875, ne correspondent plus aux besoins et sont remplacés en 1927 par celui des Chavannes, considéré alors comme le plus important du monde (1.000 tonnes/heure). La voie de desserte étroite de 80 cm est remplacée par une voie normale électrifiée : réseau de 52 km, 15 engins de traction (dont les 8 locomotives électriques ci-dessous) et environ 400 wagons. Les charbons qui arrivent au lavoir sont déjà triés dans des ateliers de criblage situés à même le carreau de l’exploitation.

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Remarque : comme trop souvent, des actes de vandalisme vont détériorer ce matériel d’exception.

Durant cette période, la progression de l’extraction et celle des effectifs se poursuivent : en 1875, 700.000 tonnes avec 4.639 personnes ; en 1949, 2.600.000 tonnes avec 10.455 personnes. C’est en 1918 qu’est atteint le maximum pour l’extraction (2.786.500 tonnes), et le 21 janvier 1919 pour celui des effectifs (13.247 personnes).

Dans la même temps, la population du Bassin Minier (Blanzy, Saint-Vallier, Sanvignes-les-Mines et Montceau-les-Mines) passe de 20.711 habitants en 1876 à 40.567 en 1921 et à 47.488 en 1954

En 1877, au décès de Jules Chagot, son neveu Léonce Chagot (déjà Directeur depuis 1846) prend la gérance de la Compagnie. En 1893, Lionel de Gournay lui succède. Entretemps apparaissent de nombreuses réactions dans le monde ouvrier face à la domination économique et politique de la famille Chagot dans le Bassin Minier.

En janvier 1878, Léonce Chagot est battu aux élections municipales de Montceau-les-Mines par le Docteur Jeannin, qui le remplace aussi en juin comme conseiller général du canton de même nom. Le 25 février, les Mines de Blanzy subissent une grève générale, mais la Compagnie ne cède sur aucune revendication et le travail reprend le 11 mars. Entre 1882 et 1885 surviennent des troubles encore plus violents et la Mine instaure une police privée puis récupère en 1888 les sièges perdus.

Le 6 juin 1899, les Mineurs de Blanzy repartent en grève. Ce conflit de près d’un mois qui aboutira à la création d’un syndicat (non reconnu par la Direction) et à la dissolution de la police prisée (dite Bande à Patin) et au départ de ses dirigeants. En mars 1900, Lionel de Gournay démissionne après avoir constaté les échecs, notamment celui d’une politique sociale très coûteuse qui n’a pas pu empêcher la grève., Il ne se représentera pas au terme de ses deux mandats, de même que le secrétaire général de la Compagnie, Alfred de Boisset-Glassac, maire de Montceau-les-Mines. Des ouvriers les remplacent : Jean Bouveri sera maire de Montceau-les-Mines jusqu’à sa mort en 1927 et Claude Forest conseiller général de 1901 à 1934.

Le 1er août 1900, la société en commandite Jules Chagot et Cie (raison sociale adoptée en 1956) devient la Société Anonyme des Mines de Houilles de Blanzy, présidée par Henry Darcy et dirigée par Émile Coste. Les débuts sont difficiles et le 19 janvier 1901 une nouvelle grève éclate. Elle ne s’arrête que le 7 mai et plus de 1.500 ouvriers sont licenciés. C’est la fin du paternalisme et la préparation du productivisme. Les industries annexes non rentables sont cédées et la plupart des écoles ferment. Les effectifs du Jour baissent et sont ramenés à 2.000, alors que ceux du Fond s’élèvent, faisant progresser la production et améliorer les conditions économiques et financières.

Dès 1920, la rénovation de l’outil industriel est suivie de l’appel à une forte main d’œuvre étrangère (surtout polonaise et italienne) dont beaucoup de familles se fixent dans le Bassin Minier. Fin 1930 les Mines de Blanzy emploient 10.665 personnes, dont 4.282 ouvriers de nationalité étrangère. La Société construit de nouvelles cités : à Montceau-les-Mines (la Sablière, la Saule, le Bois-Garnier, la Lande, Sainte-Marguerite, le Champ-Moreau), à Sanvignes (les Essarts, les Baudras), puis en 1940, à cheval sur Sanvignes et Saint-Vallier, celle des Gautherets, la cité aux 710 logements. La crise des années 1930 amène la Société à réduire son personnel, mais la baisse de production reste limitée grâce à sa diversification dans la production d’électricité d’origine thermique.

En 1939, alors qu’Émile Marterer est le directeur, la seconde guerre mondiale éclate et l’occupant allemand veille durement au fonctionnement de la Mine. La Résistance s’installe et le 6 septembre 1944 le Bassin Minier est libéré par ses propres moyens.

Epargnée par les raids aériens, et grâce à un effort remarquable, l’exploitation participe très vite au redressement du pays.

Votée de justesse le 26 avril 1946, la loi sur la nationalisation des combustibles minéraux prévoit une indemnisation et la création des Charbonnages de France coiffant 9 houillères de bassin. La nationalisation des Mines de Blanzy est effective le 1er juillet 1946. Cette entreprise porte le nom de Houillères du Bassin de Blanzy, reçoit le rattachement des bassins d’Épinac et de La Machine, et voit son effectif total porté à 13.000 personnes (10.050 pour la seule exploitation de Blanzy). Les principales revendications relatives au domaine social et à l’organisation du travail sont satisfaites avec la promulgation, le 15 février 1946, du Statut du Mineur : garanties en ce qui concerne les salaires, l’embauche, les licenciements, la durée du travail, les avantages en nature (logement, chauffage, transport), l’apprentissage, les bourses d’étude, l‘exercice du droit syndical.

4° Après 1950 :

Alors que la production s’était jusqu’à présent écoulée sans problèmes, le pétrole va mener une offensive de plus en plus poussée contre le charbon. Les houillères doivent concentrer les sièges pour abaisser leur prix de revient et améliorer leur rendement. En 1962, un seul puits est foncé, Rozelay 2, et après 1971 ne subsistent que deux carreaux d’extraction, Rozelay et Darcy. Une plus grande mécanisation des travaux du Fond nécessite l’emploi d’un matériel très sophistiqué.

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Puits Rozelay

Le découpage du gisement est modifié et l’évacuation ne se fait plus par berlines mais au moyen d’un convoyeur à raclettes déversant lui-même sur un convoyeur à bande. Le soutènement en bois est remplacé par des étançons métalliques puis par des vérins hydrauliques. Pour l’exploitation des couches puissantes, on pratique la méthode des tranches unidescendantes. L’abattage du charbon se fait au marteau-piqueur et à l’explosif, il est parfois mécanisé par l’emploi de haveuses.

Deux systèmes sont appliqués pour combler les vides laissés par l’exploitation :

1°) Le remblayage pneumatique mécanisé ; les stériles proviennent des bruts du lavoir, mais aussi des terrils de l’Essertot. Ces schistes sont transportés jusqu’à des bures puis repris au Fond par des convoyeurs alimentant une remblayeuse fonctionnant à l’air comprimé et proche du panneau en exploitation. Les schistes sont propulsés dans une colonne jusqu’au front de remblayage.

2°) Le foudroyage : méthode déjà appliquée entre 1840 et 1860 et consistant, après déplacement du soutènement, à laisser tomber les matériaux du toit de façon à combler le vide de l’arrière-taille. Ces affaissements se répercutent au Jour par d’importants dégâts de surface.

Les progrès réalisés par ces principes d’exploitation restent insuffisants ; le remblayage contraint à une manutention onéreuse et les stériles manquent (disparition des terrils vers 1965) ; l’obligation du découpage des panneaux en tranches nécessite la pose de planchers, travail long et coûteux.

A partir de 1965, on s’oriente vers la méthode du soutirage, qui consiste à ouvrir une taille sur le mur de la couche et à récupérer en arrière, en la foudroyant, toute l’épaisseur du charbon sous lequel on passe. Des tirs de mines brisant le massif facilitent le soutirage et tout risque d’incendie est évité par l’embouage systématique. En 1965 également apparaît le soutènement marchant qui permet de mécaniser les opérations de ripage de la taille. Constitué de piles hydrauliques, ce système est amélioré en 1970 par l’adaptation sur leur chapeau d’une rallonge articulée munie d’un vérin. Et, quand c’est possible, l’emploi de haveuses à l’abattage complète cette mécanisation. Dans certains chantiers, ce système permet de décupler le rendement de 1946.

En même temps se généralise la desserte continue par des transporteurs dont la succession aboutit, soit directement au Jour (centre de l’Ouche démantelé en 1969), soit dans des bures de stockage d’où le charbon est repris en berlines et, plus tard, directement par des skips d’extraction remplaçant les cages (Darcy en 1977, Rozelay en 1978). Suspendus et roulant sur un fer monorail fixé aux cintres de soutènement, des locotracteurs diesel remorquent le matériel depuis les gares jusqu’aux tailles. Une telle infrastructure nécessite le traçage de galeries d’une largeur minimum voisine de 5 m et dont le percement se fait à l’aide de puissants engins, tels le Jumbo sur chenilles équipé de marteaux hydrauliques. Mais après une longue présence au fond de la mine, il ne reste plus de l’important réseau de roulage sur chemin de fer que les voies acheminant le matériel tracté par locomotives diesel, depuis la recette jusqu’aux gares où il est repris par le monorail.

Ces nouvelles techniques exigent des puissances de plus en plus importantes et l’air comprimé n’est plus suffisant. L’électrification du Fond se généralise, caractérisée par l’emploi d’un appareillage bien spécial du fait de sa conception anti-grisouteuse. Les automatismes sont largement appliqués et l’électronique permet entre autres un contrôle permanent des installations, notamment en ce qui concerne la présence de grisou. Enfin, les tailles profondes sont réfrigérées à partir d’une puissante centrale frigorifique installée au Jour. Ainsi, ’amélioration du rendement ne se fait pas au détriment de la sécurité, ni des conditions de travail. Il reste malheureusement des risques difficilement prévisibles, comme la catastrophe au puits Plichon, faisant 20 victimes en 1958 à la suite d’un coup de poussier dû à un tir à air comprimé haute pression, technique dès lors abandonnée. Le métier de Mineur reste celui d’un homme où la capacité physique se voit doublée de connaissances en mécanique, électricité, hydraulique, etc… nécessaires à la Mine moderne.

Le lavoir des Chavannes est perfectionné et complété par une nouvelle usine à boulets mise en service en 1967. Dès 1971, la centrale électrique Lucy n° 3 de 250 MW assure la consommation sur place d’une grande partie de la production. Depuis 1954, un réseau de transporteurs à bande relie les puits Plichon et Darcy ainsi que la Centrale de Lucy au lavoir, la desserte plus loin lointaine de Rozelay restant du domaine de la voie ferrée. Enfin, entreprise à partir de 1963, l’exploitation rationnelle du charbon par découverte améliore considérablement les moyens financiers de la Houillère. A noter que, déjà en 1950, celle-ci elle était la première industrie française à posséder un central téléphonique de cette importance, et que c’est vers cette époque que son service mécanographique possédait déjà un ordinateur.

Tous ces efforts demandent des investissements importants mais contribuent à l’amélioration du rendement Fond plus Jour ; il passe de 750 kg par poste en 1946 à 1.130 kg en 1955, et atteint 3.255 kg en 1977, la production étant alors de 1.827.900 tonnes pour un effectif de 3.120 salariés.

Le 1er juillet 1969, les Houillères du Bassin de Blanzy sont regroupées avec les six autres houillères de la moitié sud de la France, pour former les Houillères du Bassin du Centre et du Midi.

Vers 1970, alors que l’exploitation semble toucher à ton terme, un plan de reconversion du personnel est mis en œuvre.

En 1974, la hausse du prix du pétrole amène une certaine relance charbonnière, mais les houillères françaises sont concurrencées par l’importation de charbons étrangers meilleur marché.

En 1978, les résultats sont mauvais (notamment suite aux difficultés rencontrées pour exploiter le gisement), laissant à nouveau planer l’inquiétude sur l’avenir de la Houillère.

En 1981, la production charbonnière nationale est relancée, concrétisée par une campagne d’embauches, mais ne donne pas les résultats espérés, atteignant à peine 1.280.000 T en 1982.

Dès 1983, la rigueur économique touche la Mine, au même titre que les autres industries. Trois exploitations sont alors en service : Rozelay, Darcy et la découverte.

Celle de Rozelay pose des problèmes car, outre la pauvre qualité de son charbon, l’irrégularité de la couche à l’étage 400 nécessite pour l’abattage l’emploi d’une haveuse au lieu d’un rabot, et des feux se déclarent à plusieurs reprises. La Direction fait se concentrer les efforts sur les puits Darcy.

En juillet1986, les puits Rozelay sont mis en sommeil.

L’informatique permet une implantation maximum de l’automatisation. L’entreprise de dote d’un centre de calcul permettant de traiter, entre autres, les relevés topographiques de ses géomètres. A partir de 1986, elle dispose du dessin assisté par ordinateur (D.A.O.), et le traditionnel carnet de marque est remplacé dans chaque service par un terminal d’ordinateur.

En 1982, un microprocesseur permet l’automatisation complète de la machine d’extraction du puits Darcy n° 1, préalablement équipée d’un convertisseur statique. Le grand rêve sera alors réalisé, puisque, exceptées la maintenance et la surveillance exercées depuis le télévigile, il n’y aura plus d’intervention humaine dans la chaîne de transport du charbon, depuis la taille jusqu’au lavoir des Chavannes, d’ailleurs en cours d’automatisation lui aussi.

C’est à l’étage 770 du puits Darcy qu’est mise au point une méthode moderne d’exploitation des couches de forte puissance pour charbons à caractère ébouleux. Cette méthode, unique en son genre mais qui continue l’application du soutirage, fait appel au plateau-rabot.

En avant de la taille, au dépilage, deux rabots sont utilisés pour dégager le front afin de permettre l’avancement des piles de soutènement, en fonction de la progression du chantier. Ces rabots sont tirés par des chaînes et creusent chacun une saignée tout le long de la taille. L’un d’eux, appelé rabot de pied car travaillant à la base, est guidé par le convoyeur de dépilage. Le second travaille en couronne et se déplace le long d'un plateau inclinable poussé contre le front par des vérins articulés prenant appui sur les piles. Le charbon abattu est évacué à l’avant par un convoyeur blindé de dépilage et à l’arrière par un convoyeur semblable dit de soutirage.

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Puits Darcy

Fidèle à sa tradition, l’exploitation de Blanzy reste à la pointe du progrès, incitant de nombreux spécialistes à venir visiter cette vitrine technologique. A signaler que l’essentiel d’un plateau-rabot est présenté au Musée de la Mine.

Sources : Le visage de la Mine (René Janniaud / Frédéric Lagrange)

Synthèse : Pierre OMBROUCK pour l’APPHIM


Editorial
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