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LE SIÈGE DE LA HOUVE DES H.B.L.

Entre 1853 et 1856, l’Ingénieur des Mines Jacquot entreprend une série de sondages. Une concession, s’étendant sur les communes de Creutzwald, Guerting, Ham, Porcelette et Diesen, est accordée par décret impérial à la Société de la Forêt de La Houve.

Toutefois, et sans doute découragés par l’échec des puits Falck et du Hochwald, aucune activité minière n’est lancée par les concessionnaires.

En 1873, sous l’administration prussienne, la Société de la Forêt de La Houve n’adhère pas à l’union des huit concessions qui donne naissance à la Compagnie Saar und Mosel.

En 1889, après avoir gardé son indépendance, elle s’associe à la Société des Forages de Strasbourg (dirigée par Jules Schaller) et crée « Bergwerksaktiengesellschaft La Houve » (Société des Mines de La Houve). Trois sondages de reconnaissance sont entrepris et donnent des résultats encourageants.

En 1895, le puits Marie (puits 1) est foncé mais stoppé en 1897 en raison du passage difficile des terrains aquifères.

En 1898, le forage redémarre par procédé Kind-Chaudron pour atteindre près de - 503 m.

La même année, le puits est mis en exploitation et produit 2.171 tonnes de charbon dans des conditions précaires.

En 1900, sa production est de l’ordre de 63.000 tonnes.

La même année, le fonçage du puits Jules (puits 2) s’opère avec la même méthode.

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Siège de La Houve 1

En 1901, une venue d’eau de 6 m3/minute interrompt les travaux à 109 m de profondeur.

En 1902, le creusement repart avec la méthode du niveau à vide pour atteindre - 387 m.

Cette année-là, les veines Marie (1,25 m), Jules (0,90 m) et les veines Pierre et Georges (plus minces) sont mises en exploitation dans le champ Nord à l’étage 210.

En 1905, la production s’élève à plus de 200.000 tonnes.

En 1907, est mis en exploitation le champ médian, découvert après traversée d’une forte faille (dérangement du siège 1) par les galeries de reconnaissance de l‘étage 275.

En 1908, lancement du puits Uhry (puits 3), creusé par cimentation et destiné à améliorer les conditions d’exploitation. Le procédé n’étant pas au point, les travaux sont arrêtés.

En 1911, reprise du fonçage du puits Uhry, et nouvel arrêt la même année.

Cette année-là, la production dépasse les 300.000 tonnes.

En 1911 également, le siège s’équipe fortement au jour. La construction d’une centrale est lancée et, en fin d’année, quatre chaudières Steinmuller, un turbo-alternateur de 300 kW et le poste de 65 kW sont installés.

En juillet 1912, la centrale fournit son premier kW à la ville de Nancy.

Début 1913, l’ensemble des travaux est terminé. 12 chaudières et 3 turbo-alternateurs, dont 2 de 6.000 kW) sont montés.

En 1913 aussi, le puits 3 atteint - 366 m, et s’achève par la suite à - 536 m. L’exploitation du champ médian évolue.

A la veille de la Première Guerre Mondiale, 2.000 mineurs travaillent à La Houve.

Cette année-là, la production se chiffre à 367.000 tonnes.

En 1917, la veine Théodore de 3 m de puissance est découverte.

Au lendemain du premier conflit, l’extraction se développe à l’intérieur d’un champ limité par des grandes failles.

De 1923 à 1927, la nouvelle Société des Mines de La Houve (constituée par un groupe de banquiers et d’industriels alsaciens), entreprend le fonçage du puits 4 (profond de 552 m).

En 1930, la production passe à 911.000 tonnes.

En même temps, en raison des difficultés financières et techniques des dernières années, la Société des Mines de La Houve est conduite à amodier pour 25 ans sa concession à la Société Houillère de Sarre et Moselle. L’union est réussie car Sarre et Moselle apporte un gisement encore vierge et La Houve met toutes ses installations rénovées à la disposition de l’exploitation de ce nouveau champ.

Le siège 1 s’épanouit soudainement. En veine François, le démarrage des longues tailles avec havage et foudroyage permet d’améliorer rapidement la productivité.

En 1935, le puits Barrois (puits 6) est foncé comme puits de service et d’aérage et doit permettre l’amélioration du développement de l’exploitation.

puits Barrois

En 1939-45, comme les autres sièges du Bassin, La Houve est très affectée par la guerre. L’occupant ayant appliqué une politique de production à outrance, la situation est désastreuse. Les installations de surface sont usées, le matériel du fond est dégradé et les venues d’eau sont passées de 16 m3/mn avant la guerre à 40 m3/mn à la Libération.

Un important programme de développement et de modernisation du siège est établi.

En 1949, toute l’extraction se concentre sur le puits 4 avec ses skips de grande capacité entrainés par la nouvelle machine d’extraction électrique. Des trains lourds (bennes de 12 m3 tirées par des locomotives de 300 ch) transportent jusqu’à 200 tonnes de charbon à 35 km/h. Grâce au grand roulage, les points les plus éloignés de 4 à 5 km du puits sont servis rapidement et économiquement.

C’est aussi l’année où le puits Barrois reçoit une nouvelle machine d’extraction.

De 1953 à 1956, ce puits de 4 m de diamètre est ravalé jusqu’à - 572 m. Le carreau du puits 4 reçoit un lavoir à liqueur dense qui remplace toutes les anciennes installations des puits 1 et 2.

En 1954 commence le fonçage du puits De Vernejoul qui se termine en 1958. Relié au puits 4, une galerie de 4 km lui permet de déplacer l’exploitation vers le Sud du gisement.

Puits et lavoir De Vernejoul

Les conditions technico-économiques de l’époque, ainsi qu’une politique de concentration de la production amènent à la mise en exploitation du champ Falck, situé entre 6 et 10 km au Nord des puits 3 et 4.

En 1962, premier essai de soutènement marchant en veine E du secteur Barrois.

En 1965, démarrage du champ Falck qui atteint de suite des productions journalières d’un haut niveau dans les longues tailles rabattantes à foudroyage avec havage intégral et soutènement marchant.

En 1969, le rendement fond est de 3.384 kg/h/p. En 1971, il est de 5.110 kg/h/p. En1974, il passe à 6.074 kg/h/p.

En 1975, condamné par le plan Bettancourt, le siège de La Houve dépose un projet basé sur la production de 7.000 t/j sur deux tailles, mais il est refusé par les autorités de tutelle.

La même année, le siège exploite des panneaux situés dans le champ Sud traditionnel entre le puits 4 et le champ De Vernejoul (au Nord de la faille de Diesen), en aval-pendage de l’étage 500.

Fin 1976, sont entrepris des travaux pour pénétrer le champ De Vernejoul situé au Sud de la faille de Diesen.

Le 17 décembre 1976, la politique nationale étant remise en cause par la crise pétrolière, les H.B.L. obtiennent l’autorisation de prolonger l’exploitation de La Houve avec un niveau de production de 7.000 t/jour.

En juin 1981, dans le secteur 9 du champ Sud, La Houve démarre en veine Albert la première taille de plus de 3 m d’ouverture.

Aussitôt, suite aux bons résultats obtenus, les Pouvoirs Publics autorisent un programme d’investissements de 320 MF pour moderniser les installations et construire un nouvel ensemble d’extraction et de traitement des charbons sur le site du puits De Vernejoul, à 3,5 km au Sud du siège. Ce puits, déjà utilisé comme retour d’air, devient aussi un puits d’extraction. Equipé d’un skip d’une capacité de 30 m3, il a la possibilité de descendre du matériel lourd et volumineux.

En 1985, est mis en service un nouveau lavoir d’une capacité de 650 t brutes par heure, soit environ 8.500 t nettes par jour.

En octobre 1987, à Bisten, commence le fonçage du puits Ouest qui doit assurer l’aérage des chantiers qui se déplacent vers l’Ouest, et pour maintenir la production approchant les 2 millions de tonnes par an. D’un diamètre de 6,53 m, sa profondeur avoisine les 522 m.

Le 11 août 1990, son ventilateur entre en service.

Le 31 mai 1992, en veine Albert du secteur 3.2, la haveuse Electra 2000 fait sa première passe. Le 22 octobre au secteur 3.2.3, elle abat 22.479 tonnes brutes de charbon en 24 h.

Début 1999, l’Unité d’Exploitation de La Houve démarre l’exploitation du secteur 7, situé au Sud du champ De Vernejoul.

Siège de La Houve 2 avec ses derniers chevalements

En 2001, c’est sur ce seul secteur qu’elle concentre toute son activité, espérant se donner ainsi les moyens d’assurer, dans les meilleures conditions de sécurité et de protection, la fin de l’extraction du charbon lorrain, programmée pour 2005.

Sources : Les chevalements lorrains de Pierre-Christian GUIOLLARD

Synthèse : Pierre OMBROUCK pour l’APPHIM

Epilogue : C’est le soir du 23 avril 2004 que le siège de La Houve a fermé, scellant à tout jamais l’histoire de l’extraction du charbon en Lorraine mais aussi en France.

Fidèle à son devoir de mémoire, l’APPHIM a commémoré le 10ème anniversaire de ce qui fut une tragédie pour les Mineurs Lorrains, en publiant l’article que Georges TYRAKOWSKI, son Secrétaire Général, a rédigé le 23 avril 2014 et intitulé « La dernière berline de La Houve ».

Moi-même, ne pouvant oublier que Creutzwald fut le dernier lieu que j’ai eu à visiter pour le compte du constructeur BERRY (mon employeur de l’époque que j’allais quitter le lendemain même de ce voyage), et alors que je rédigeais un article sur les énormes machines ayant servi à La Houve, je n’ai pu retenir cette émotion qui m’a inspiré ces quelques lignes…

La Houve ! Rien que ce nom me fait frissonner tant il rappelle un site minier égaré en pleine forêt, elle-même perdue aux confins de la Lorraine et à la limite de la Sarre, où l’on ne sait plus si c’est encore la France ou bien déjà l’Allemagne…

La Houve ! Gisement houiller où les mineurs pouvaient se tenir debout, mais aussi où les galeries étaient devenues des cathédrales où des monstres de technologie allaient finalement remplacer les hommes et leur gagne-pain.

La Houve ! Ultime bastion d’un temps révolu où les derniers arracheurs de charbon se sont battus, tels les grognards de Napoléon, afin de rester dans la légende et inscrire, pour les générations récentes et à venir, les pages devant pérenniser l’histoire de cette source d’énergie qui avait permis la formidable évolution industrielle du 19ème siècle.

 Pierre OMBROUCK – Trésorier de l’APPHIM


Date de création : 26/05/2016 @ 10:45
Catégorie : Les sites miniers - Le bassin de Lorraine-Le secteur ouest
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