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La Compagnie des Mines de Gouy-Servins – Fresnicourt ou l’intuition de Ludovic-Joseph Breton


Ludovic-Joseph BRETON est né le 28 janvier 1844 à Hénin-Liétard. Il est le demi-frère des peintres Jules et Émile BRETON. Élève de l’Ecole Centrale de Lille puis de l’Ecole des Mines de Saint-Étienne, il assiste dans sa jeunesse à la découverte des gisements puis au développement de l’exploitation houillère dans le département du Pas-de-Calais. Il joue lui-même un important rôle dans ce formidable essor en dirigeant de nombreux sondages dans les bassins houillers du Nord et de Belgique. Il occupe plusieurs fonctions au sein des compagnies minières, ingénieur pour celle de Dourges de 1864 à 1872 et ingénieur-directeur des mines d’Auchy-au-Bois de 1872 à 1879. Nommé à la suite ingénieur-directeur des travaux du tunnel sous-marin entre la France et l’Angleterre, il devient propriétaire des mines d’Hardinghen en 1888. Président de la Société Géologique du Nord en 1890, il dirige ensuite la Société de recherches de Fresnicourt qui obtient deux concessions d'exploitation de mines en 1908. Il décède le 18 juillet 1916 alors que ses efforts pour le développement de la Compagnie des Mines de Gouy-Servins - Fresnicourt se trouvent anéantis par le premier conflit mondial.

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Plusieurs fois étendue vers le sud, la frange méridionale du Bassin Minier du Pas-de-Calais demeure à la fin du XIXème siècle vierge de toute exploitation au-delà de la limite géologique présumée que constitue la faille du Midi. Après parution en 1877 de sa théorie sur le prolongement au sud de la zone houillère du Pas-de-Calais, Ludovic-Joseph BRETON met à jour en 1899, suite à la découverte en 1896 de gisements exploitables par la Compagnie des Mines de Liévin, une veine de charbon à Hersin-Coupigny au sud de la concession des Mines de Noeux. Il témoigne de sa découverte dans un courrier adressé en ces termes à M. le Préfet du Pas-de-Calais : « C’est en pensant toujours, depuis 25 ans, à cette limite sud du bassin houiller du Pas-de-Calais, que je viens d’arriver à la reculer une fois de plus et à conquérir, pour mon pays, des terrains houillers non soupçonnés ou au moins supposés inaccessibles avec les moyens connus ».

Cette théorie et ces découvertes suscitent les appétits et une frénésie de sondages de reconnaissance au pied et sur la crête des collines d’Artois. Plusieurs demandes de concessions sont déposées auprès de l’administration, en mai 1899 par Ludovic-Joseph BRETON au nom de la Société de Recherche de Fresnicourt, en septembre 1899 par la Compagnie des Mines de Béthune, en mai 1902 par la Société de Recherche de Souchez ou encore en juin 1902 par la Société des Charbonnages de Vimy. Les décisions de surseoir à statuer prises par M. le Ministre des travaux public en novembre 1903 soulèvent colère des investisseurs et réclamation auprès des autorités compétentes. Ludovic-Joseph BRETON finit par se railler lui-même en adoptant le nom de « PAZANGHOR » pour évoquer la réponse « pas encore » qu’il doit formuler chaque fois qu’on l’interroge sur l’obtention de sa concession houillère au sud du bassin du Pas-de-Calais ! Ce n’est que le 16 juin 1908 que naissent par décrets 6 nouvelles concessions minières, sur la frange sud du bassin houiller du Pas-de-Calais, dont celles de Fresnicourt et de Gouy-Servins, cette dernière étant détenue par la Société de Fresnicourt. 13 270 hectares s’ajoutent ainsi aux 57 885 hectares que ce bassin comporte déjà. C’est en 1909 qu’est créée la Compagnie des Mines de Houille de Gouy-Servins et de Fresnicourt réunies, réunion officialisée par décret en date du 11 novembre 1921.

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Dès 1910, le fonçage des puits n°1 et n°1bis de Marqueffles débute pour atteindre, avant l’éclatement du 1er conflit mondial, la profondeur de 1 028 m et 1 033 m. En arrière front immédiat des sanglants combats de Lorette, l’exploitation est rapidement stoppée et, à l’armistice, les 2 puits de Marqueffles se trouvent ennoyés. Après pompage, l’exploitation redémarre et la Compagnie compte jusqu’à près de 900 employés et atteint une production prometteuse dépassant les 52 000 tonnes en 1926. Les espoirs d’une production annuelle de 300 000 tonnes sont toutefois rapidement déçus en raison d’un gisement épars et profond qui génère beaucoup plus de déchets que de houille. L’exploitation n’est pas rentable et les fosses n°1/1bis finissent par être fermées début 1932 et les puits qui comptent alors parmi les plus profonds du bassin houiller sont serrementés en 1933.


Plusieurs sondages de reconnaissances ont été réalisés au tournant des XIXème et XXème siècles depuis la forêt d’Olhain à l’ouest jusqu’à Aix-Noulette à l’est. Un sondage, situé à mi-chemin entre Verdrel et Bouvigny-Boyeffles, en haut de la "côte" d’Hersin, porte d’ailleurs le nom de « sondage BRETON ».


E. FACON, le 30.01.2017


Sources : Archives nationales du monde du travail / Archives départementales du Pas-de-Calais / Le bassin houiller du Pas-de-Calais : histoire de la recherche, de la découverte et de l’exploitation de la houille dans ce nouveau bassin / Tomes n°1, 2 & 3, E.-A.VUILLEMIN / 1880, 1880 & 1883 / Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais / Tomes 1 & 2, G. DUBOIS et J.-M. MINOT / 1991 & 1992 / Le Temps, Edition du 02.11.1926 / L’écho des mines & de la métallurgie, Edition du 20.02.1934.


Date de création : 07/02/2017 @ 19:03
Catégorie : Les sites miniers - Le bassin NPC-Groupe de Béthune-Mines de Gouy-Servins et Fresnicourt
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Réactions à cet article

Réaction n°2 

par Nathalie le 08/02/2017 @ 14:50
Article très intéressant et très bien documenté. Bravo à son auteur!

Réaction n°1 

par michel le 07/02/2017 @ 21:11
EXCELLENT ARTICLE

QUELLE SOMME DE RECHERCHES!

UN TRAVAIL AU CORDEAU RESPECTUEUX DE L'HISTOIRE ET DU DUR LABEUR DES POPULATIONS DU NORD- PAS DE CALAIS

Allez les CHTIS!



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