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Les Mines de Carmaux : deux siècles d’histoire du charbon

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🏞️ Des origines médiévales à la naissance d’une industrie

La présence de la houille à Carmaux est connue depuis des siècles grâce aux affleurements visibles dans la vallée du Cérou.


Entre le XIII
et le XVIII siècle, des centaines de petits puits furent creusés pour extraire le « charbon de terre » utilisé dans les forges locales. L’exploitation était alors artisanale et désordonnée.

👷 Le chevalier de Solages, fondateur des mines (1752–1799)

En 1752, le vicomte Gabriel Charles de Solages, dit le Chevalier de Solages, obtient le monopole de l’exploitation du charbon pour alimenter ses verreries. Il est considéré comme le véritable fondateur des mines de Carmaux.


Face à la demande croissante en charbon et grâce à l’arrivée de mineurs venus du Nord et de Belgique, la production s’intensifie.


En 1767, Solages obtient une concession exclusive de 102 km², prolongée en 1782.
À la veille de la Révolution, une centaine d’ouvriers extraient environ 11 000 tonnes de charbon par an. Malgré la tourmente révolutionnaire et la mise sous séquestre de 1793, l’exploitation se maintient.

⚙️ De la dynastie de Solages à l’essor industriel (1810–1856)

La loi minière de 1810, rendant les concessions perpétuelles, encourage de nouveaux investissements.
François Gabriel de Solages fonde l’Entreprise des Mines et de la Verrerie de Carmaux.
Le premier puits moderne, celui de La Grillatié, est creusé en 1833 et mis en exploitation en 1839.


Sous la direction d’Achille Ferdinand de Solages, la construction du chemin de fer Carmaux–Albi (décret impérial de 1854) permet de réduire les coûts de transport et d’étendre les débouchés.

🏭 La Compagnie des Mines de Carmaux (1856–1944)

En 1856, la société devient la Compagnie des Houillères et Chemins de fer de Carmaux–Toulouse, puis en 1865 prend le nom définitif de Société des Mines de Carmaux.
Trois grands sièges structurent le bassin :

  • La Grillatié (1839), premier siège historique ;
  • La Tronquié (1878), la plus profonde (386,5 m) ;
  • Sainte-Marie (1893), pour l’exploration du sud du gisement.

Ces exploitations sont situées sur la commune de Blaye, devenue en 1934 Blaye-les-Mines.

⚔️ Guerres, crise et nationalisation (1914–1946)

Durant la Première Guerre mondiale, Carmaux joue un rôle essentiel pour pallier la fermeture des bassins du Nord : la production passe de 583 000 tonnes en 1914 à 850 000 tonnes en 1919.


Après une période de récession, un record est atteint en 1940 avec 1 062 000 tonnes.
La Seconde Guerre mondiale entraîne une baisse de production, mais les effectifs sont maintenus.
En 1944, les mines sont réquisitionnées, puis nationalisées en 1946. Elles intègrent alors le Groupe Tarn des Houillères du Bassin d’Aquitaine (H.B.A.).


🔻 La récession, la fin des puits et le déclin (1950–1997)

🔥 La concurrence des nouvelles énergies

À la fin des années 1950, la découverte du pétrole saharien, l’essor de l’hydroélectricité et du nucléaire fragilisent l’économie charbonnière.


Le gouvernement décide de réduire la production nationale, entraînant une baisse des effectifs et des retraites anticipées.


De grandes grèves éclatent : en 1961 contre la fermeture des puits de Decazeville, puis en 1963 contre la politique charbonnière.


Les mineurs obtiennent des hausses de salaire et une quatrième semaine de congés payés, mais les fermetures se poursuivent.


Le puits de La Grillatié ferme en 1969.

⚰️ Le drame de La Tronquié et les luttes sociales

Le 24 novembre 1965, une explosion de grisou à La Tronquié fait 12 victimes, le plus grave accident du bassin carmausin.


Après mai 1968, les mineurs obtiennent encore quelques avancées sociales, mais l’activité décline inexorablement.


Le puits de Sainte-Marie ferme en 1973, suivi du puits de Cagnac en 1979.
Le 24 novembre 1977, l’opération « Carmaux ville morte » mobilise toute la cité pour dénoncer le désengagement de l’État et réclamer de nouvelles embauches.

Espoirs et désillusions

En 1980, François Mitterrand promet à Carmaux la relance du charbon, mais son élection en 1981 n’inverse pas la tendance.


De nouvelles grèves éclatent en 1983 contre la fermeture de La Tronquié et aboutissent à quelques embauches, ainsi qu’à un projet d’exploitation à ciel ouvert : la grande découverte.


⛏️ La grande découverte et la fin d’un monde (1985–1997)

Les travaux de la découverte de Sainte-Marie commencent en 1985.
Le dernier puits, La Tronquié, ferme définitivement en août 1987, suivi de la cokerie en 1989.
En 1991, de violents affrontements opposent mineurs et CRS à Albi, après l’abandon du projet d’une seconde mine à ciel ouvert sur le site de La Tronquié.

Malgré la mobilisation, la grande découverte de Sainte-Marie ferme le 30 juin 1997, marquant la fin de l’exploitation charbonnière à Carmaux.

Pour redonner vie au site, un projet de reconversion est lancé : la création du parc multi-loisirs Cap’Découverte, inauguré sur les anciens terrains miniers. Ce lieu emblématique perpétue aujourd’hui la mémoire du bassin et de ses mineurs, témoins de deux siècles d’histoire industrielle et humaine.

Jean-Louis HUOT pour l’APPHIM

Sources : Revue ACJM 1999, col APPHIM, Où en sont les bassins houillers d'Aquitaine  Roger Brunet - Revue géographique des Pyrénées PERSEE - Mineurs de fond Carmaux Albi Kowalik GUIOLLARD - Sept siècles d’exploitation du charbon dans le pays Carmausin de Patrick Trouche - Mineurs de Carmaux 1973

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