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Historique de la Société Minière du Tarn (SMT), de la société des Mines d’Albi (SMA)

Puits 3 de Cagnac vers 1910
Face au développement du bassin houiller de Carmaux à partir de 1839, l’idée d’un prolongement du gisement vers le sud, en direction d’Albi, est envisagée.
Pour vérifier cette hypothèse, la Société Minière du Tarn (SMT) est fondée le 22 août 1881 à Paris, au capital de 500 000 francs.
Elle est dirigée par les ingénieurs des mines Émile Grand (1844-1926) et Gustave Petitjean, avec le soutien du conseil d’administration de la Société des Houillères et Fonderies de l’Aveyron (SNHFA), basée à Decazeville.
Le premier sondage est lancé en février 1882 à Camp-Grand (Cagnac-les-Mines) et se révèle positif. Plusieurs couches de houille sont découvertes, dont la « Grande couche » de 16,25 m d’épaisseur.
Le 12 octobre 1886, un décret de concession attribue à la SMT le droit d’exploitation sur un territoire de 3 563 hectares, situé sur les communes d’Albi, Le Garric, Taïx, Lescure, Castelnau-de-Lévis et Saint-Sernin-lès-Mailhoc.
De la SMT à la Société des Mines d’Albi (SMA)
En février 1890, la Société Minière du Tarn est dissoute et remplacée par la Société des Mines d’Albi (SMA), au capital porté à 3 000 000 francs.
Cette nouvelle société reprend tous les biens et travaux de la SMT, dont le premier puits d’exploitation (Puits n°1), creusé à Cagnac-les-Mines, aujourd’hui visible dans le musée départemental.
La production débute en 1889, modeste au départ (moins de 3 000 tonnes), mais augmente progressivement grâce à la création de plusieurs puits entre 1887 et 1903.
Développement et caractéristiques du gisement
Le bassin houiller d’Albi-Cagnac constitue le prolongement sud du bassin de Carmaux.
Il renferme un charbon gras à longue flamme (30 à 32 % de matières volatiles), adapté à la maréchalerie, aux usines à gaz et à la fabrication d’un coke très résistant.
Cependant, cette partie du gisement reste moins mécanisée que celle de Carmaux, ce qui explique une compétition économique serrée entre les deux exploitations : quelques centimes seulement séparaient leurs prix de vente.
En 1940, la production annuelle atteint environ 350 000 tonnes.
Nationalisation et intégration aux Houillères du Bassin d’Aquitaine (HBA)
Réquisitionnée le 30 septembre 1944 pendant la Libération, la Société des Mines d’Albi est nationalisée le 17 mai 1946 en vertu de la loi sur la nationalisation des houillères.
Elle fusionne avec la Société des Mines de Carmaux pour former les Houillères du Bassin d’Aquitaine (HBA) par décret du 28 juin 1946.
À cette date, les mines d’Albi emploient :
- 2 028 ouvriers (du fond et du jour),
- 80 employés,
- 65 agents de maîtrise,
- 9 ingénieurs, dont 40 % d’ouvriers étrangers, principalement Polonais.
Jean-Louis HUOT pour l’APPHIM
Sources : Revue ACJM 1999, col APPHIM, Où en sont les bassins houillers d’Aquitaine Roger Brunet - Revue géographique des Pyrénées PERSEE - Mineurs de fond Carmaux Albi Kowalik GUIOLLARD - Sept siècles d’exploitation du charbon dans le pays Carmausin de Patrick Trouche
Editorial
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