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ANTHRACINE 54 - L’USINE DE DÉFUMAGE DE BOULETS À DOUAI

C’est quoi un boulet ? Une boule noire un peu aplatie, plus ou moins ronde et parfois ovale ou de forme de oblongue, que nos aïeux déposaient dans le foyer de la cuisinière à charbon après avoir déplacé la bouilloire ou la marmite qui ronflait souvent dessus, et enfin retiré la plaque ronde en fonte qui lui obturait le foyer. Cette chose dont certains auraient pu penser qu’on l’extrayait telle quelle de la mine, tout comme d’autres pouvaient croire que l’on ramassait les morceaux de sucre dans les champs de betteraves. Enfin, ce truc qui, en brûlant, laissait s’échapper une fumée dense qui taquinait les yeux et narines et encrassait les appareils de cuisson et de chauffage au charbon.

Car le boulet était bien du charbon, mais essentiellement composé de poussières et de morceaux inférieurs à 7 mm (les fines), récupérés par décantation, au criblage, etc… et broyés pour obtenir l’uniformisation du calibre avant séchage dans des fours. Le mélanger avec des produits d’origine végétale facilitait sa prise au feu, puis le malaxer avec du brai avant chauffage à 100°C permettait d’obtenir une pâte malléable qui passait dans des presses cylindriques rotatives dont les alvéoles donnaient cette forme caractéristique aux boulets qui en résultaient. Le séchage définitif et le conditionnement pour commercialisation étaient les dernières étapes de fabrication de ces boulets appelés « crus ». C’était le cas des B9 et BB9 dont les ancêtres devaient se contenter malgré tout.

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Presse à boulets au musée Lewarde (ph.Apphim)  

Boulets non défumés BB9 (ph.CdF Col.Apphim)         

Pourquoi ANTHRACINE 54 ?

Anthracine, c’est logique puisque certains boulets étaient faits d’anthracite, mais 54 ? Parce que c’est en avril 1954 que la première tour de défumage débuta la production de boulets non fumants.

C’est au hameau de Dorignies, situé au nord de Douai et plus précisément sur le site de l’ancien Fort de Scarpe, le long d’un bord de la rivière du même nom, que sera créée cette usine, à la suite des recherches effectuées de 1950 à 1952 pour mettre au point des boulets sans fumée. Le brai qui servait de liant dans les boulets ordinaires produisait beaucoup de fumée durant la combustion.

Ces boulets dits « crus » proviendront de l’usine de Somain et arriveront à Dorignies où ils seront défumés dans des fours spéciaux à température maintenue autour de 350°C pour oxyder leur brai. Enfin, quatre autres fours à wagonnets seront construits, deux en septembre et novembre 1955, et deux en septembre et novembre 1957. Peu à peu, la production de chacun de ces fours atteindra 240 à 400 tonnes/jour, portant la production globale annuelle à 600 000 tonnes, 621 700 étant le tonnage chiffré en 1964. C’est le succès de cette usine qui incitera à en entreprendre deux autres : celle du 10 d’Oignies d’où, dès 1960, sortiront chaque année 400 000 tonnes, non plus dans des wagonnets mais sur des bandes transporteuses, puis celle de Rousseau à Raismes-Bruay/Escaut, Groupe de Valenciennes, dont la production annuelle approchera également les 400 000 tonnes. Ce sera donc plus de 1 400 000 tonnes de boulets anthracine 20 de 20 g et anthranor de 30 g qui seront expédiées par wagons pour alimenter chaque année les poêles, convecteurs et chaudières.

Le site actuel, occupé par une zone industrielle

Anthracine 54 arrêtera un four en 1970 puis un second en 1976, et cessera définitivement son activité en 1977 après avoir traité environ 8 700 000 tonnes de boulets crus, dont une moyenne annuelle de 330 000 tonnes entre 1968 et 1975. Plus modernes, les autres usines du Bassin suffiront à assurer le programme de production prévu, mais c’est la réussite commerciale de cette première usine qui fera que d’autres se construiront à Brest en 1961, à Caen en 1962, à Rouen et à la Grand-Combe (Cévennes) en 1963, et dépassera nos frontières avec les Houillères Belges (sous licence française) : dans le Borinage à Monceau-Fontaine, puis dans le bassin de Campine.

En 1964, année du record de production, l’effectif des ouvriers atteindra 130. En 1976, il ne sera plus que de 70 pour une marche de 3 fours. A l’arrêt de l’usine, le personnel spécialisé intégrera les autres usines d’agglomération du Bassin et le restant rejoindra l’Unité de Production Charbon de Douai. Au deuxième semestre de 1978, le démantèlement laissera une friche de 14,5 hectares.

 

Anthracine 54 et Rivage Gayant en 1965 (ph.CdF)    4 fours en activité après 1970 (ph.JM.Minot)

C’est aussi au cours de cette même année 1964 que les tracteurs Dodge, arrivés au terme de leur carrière, seront remplacés par trois locotracteurs Berry 1558 T4 à moteur diésel Piquand de 60 ch et convertisseur hydraulique. Plus puissantes, ces nouvelles machines permettront de manœuvrer plus facilement les wagonnets de l’usine, tout en réduisant leurs frais d’utilisation mais aussi ceux d’entretien puisque le moteur retenu sera celui déjà le plus en service dans les mines des HBNPC.

Premier des trois locotracteurs Berry en livraison le 4 avril 1964 (ph.Editorial local)

Article rédigé par Pierre OMBROUCK pour le compte de l’APPHIM

                                                  DROITS APPHIM  

Photos :  Leur origine est reprise dans chaque sous-titrage

Sources :

                  Revues des HBNPC - Col.APPHIM

                  Charbonnages de France

                  Patrimoine Industriel Minier

                  Wikipédia

                  Persée

Remerciements : à Jean-Marie MINOT et Jean-Louis HUOT qui m’ont donné l’envie d’en parler.


Date de création : 12/09/2017 @ 16:24
Catégorie : Les sites miniers - Le bassin NPC-Groupe de Douai-Groupe de Douai
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