En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.
Boutique Apphim

caddie.jpg

L'asso et ses actions
Sauvegardes en cours
Historique des actions
Archives de notre activité
Visites

 991023 visiteurs

 14 visiteurs en ligne

Recherche
Recherche
rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
https://apphim.fr/data/fr-articles.xml

Les Grands Bureaux des Mines de Lens

Les Grands Bureaux de toutes les Compagnies sont un espace de travail d'où sont administrées toutes les activités de la Société. Ceux de Lens sont répartis sur une surface totale de 8780 m². On trouve dans cette enceinte : la Direction Générale, plusieurs centaines d'ingénieurs, de dessinateurs, de géomètres et de secrétaires qui œuvrent dans divers services: travaux du fond, constructions, matériel, marchés, études générales, chemin de fer, comptabilité et paye, relations extérieures, personnel, accidents, logements, sport et loisirs, service commercial etc. Sur le site de Lens se trouvent aussi un laboratoire photographique, un service de documentation, un standard téléphonique, une cuisine, une imprimerie, des chaufferies et plusieurs chambres fortes.

lensgrandsbureaux01.jpg

Les premiers Grands Bureaux qui remplacent le relais de poste

Avant la Première Guerre mondiale

Dès sa création, la Société des Mines de Lens achète un relais de poste situé au niveau de l'actuelle rue Edouard Bollaert, près de la Fosse 1. Elle y installe ses bureaux centraux pour administrer la Société. Le relais de poste devient très vite trop petit et un nouveau bâtiment est construit dans le faubourg Saint Laurent entre la Route de La Bassée et le Grand Chemin d’Arras à Lille. En 1907, il est agrandi en étant complètement modifié. Le proche d'entré est conservé mais la construction est rehaussée de deux étages ainsi que d'ailes supplémentaires.

Lors de la première guerre, les installations (fosses, logements ouvriers, réseau ferroviaire etc.) sont détruites. Les grands bureaux sont eux aussi touchés : ils sont détruits en janvier 1916 suite à l'incendie provoqué par un obus tombé dans la salle des archives.

Les Grands Bureaux avant la première Guerre Mondiale

L'entre-deux guerres

Dès la fin de la guerre, Ernest Cuvelette, qui succède à Elie Reumaux en tant que directeur de la Compagnie, est chargé de la reconstruction en donnant la priorité à l'outil de production et au relogements des mineurs. Les Grands Bureaux resteront donc onze ans dans des baraquements provisoires situés rue Bollaert.

Une fois reconstruits

Une fois la production d'avant-guerre retrouvée, il est décidé de reconstruire un bâtiment d'administration centrale et de montrer la puissance de la Société des Mines de Lens. Dans les années 30, la Compagnie disposent d'une vingtaine de fosses en activité mais également d'usines pour la production d'électricité, la carbochimie, la fabrication d'agglomérés, d'une cokerie, de lavoirs, d'une briqueterie...

Actuellement

Son réseau ferré est long de 120 km, elle possède plus de 10000 logements ouvriers pour loger 40000 personnes.

Entrée rue de la Bassée

Le chantier de construction débute en 1928 d'après les plans de Louis-Marie Cordonnier, architecte de la Région. Le style choisi sera celui de l'époque « Art déco » avec une ossature originale à l'époque, entièrement en béton. Cela permet, en limitant les frais, de finir le gros œuvre en à peine six mois. Le bâtiment est livré terminé aux Mines de Lens en 1930.

La seconde guerre mondiale

Durant la guerre, la Compagnie de Lens doit se soumettre aux ordres des allemands, épaulés en cela par les services du régime de Vichy. Pour des mineurs, les temps sont durs (retour sur les acquis de 1936, rationnement...). En mai-juin 1941 éclate une grande grève dans la fosse du Dahomey des Mines de Courrières. Rapidement, près de 100 000 mineurs cessent le travail. L'allemand Niehoff constate l'incapacité des autorités françaises à stopper le mouvement et décide de prendre les choses en main. Il installe un véritable état-major dans les grands bureaux pour mener la répression : 270 mineurs seront déportés. Les Grands Bureaux étant un lieu stratégique, les allemands en assureront la défense comme en témoigne le blockhaus accolé à l'angle sud-est de la façade principale.

Après la Nationalisation

Le charbon est une ressource stratégique après-guerre. Suite à la loi de Nationalisation de 1946 et à la création de Charbonnages de France, les activités de l'ancienne Compagnie des Mines de Lens seront intégrées aux Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais (HBNPC). Les grands bureaux conservent leur statut de lieu de pouvoir et de décision au sein du Groupe de Lens. Vers 1950, on estime que 1800 personnes y travaillent mais dès 1960, les effectifs diminuent avec la baisse de la production et la fermeture progressive des puits. Les grands bureaux poursuivent tout de même leur activité grâce à la diversification des activités engagée par Charbonnages de France.

L'architecture des Grands Bureaux


 

Les façades :

Elles sont la partie la plus visible de la puissance de la Compagnie des Mines de Lens. Les chiffres parlent d'eux-même pour le côté jardin : 81 m de longueur, 30 m de hauteur et 17 travées verticales. Cette façade est entrecoupée de trois travées surmontées de pignons à redents. La totalité de la façade dont l'ossature est en béton est recouverte de briquettes de parement. Le style est néo-renaissance flamande : toits pentus, lucarnes, épis de faîtage en bulbe, balcon central, fenêtres à meneaux, pignons à redents. La bichromie entre briquettes et ciment peint rythme ce bâtiment. L'ensemble reste relativement simple surtout que les façades intérieures tranchent avec celle côté jardin par leur simplicité et leur absence d'ornements.

Le jardin :


 

Le jardin d'une superficie de 3 ha est l’œuvre d'Achille Duchêne, un paysagiste parisien. Ce jardin est situé sur deux terrasses: celle du nord avec le bâtiment des Grands Bureaux et celle du sud avec l'entrée de l'avenue Elie Reumaux. Il est très intéressant de mesurer la perspective du jardin sud depuis le premier étage, étage noble du bâtiment, réservé à la Direction. Les bureaux centraux étaient directement reliés au réseau ferré de la Compagnie au moyen d'un quai, appelé quai de l'impératrice en hommage à l'impératrice Eugénie, situé dans la partie sud-est du jardin. Les personnalités qui arrivaient au Grands Bureaux pouvaient ainsi rejoindre directement les espaces de réception des grands bureaux en traversant les parterres. Tout était calculé pour faire forte impression sur les visiteurs et ainsi montrer la puissance financière et politique de la Compagnie des Mines de Lens.


Vue du balcon du premier étage


 

L'intérieur :

Escalier d'entrée

Le hall d'entrée donne une perspective sur l'escalier d'honneur. De chaque côté du hall se trouvent en contrebas deux vastes salles qui devaient être, dans l'idée, un musée et une bibliothèque. Ce projet n'aboutira pas probablement à cause de la crise de 1929 qui touche la Compagnie. Ces deux salles du rez-de-chaussée seront utilisées pour accueillir diverses manifestations (bals, examens, cérémonies de remis des médailles du travail, banquets...).

Porte d'entrée

Salle en contre-bas du hall, actuelle bibliothèque

Au premier étage se trouvaient les bureaux des ingénieurs et dessinateurs. Le deuxième étage est l'étage noble ou de prestige. On y trouvait les bureaux de la Direction et leur secrétariat, une bibliothèque, ainsi que les espaces de réunion et de réception.

Tableau dans la salle de réunion

Le troisième étage et les combles sont accessibles via des escaliers latéraux. Ils serviront comme bureaux des géomètres et au service de la coordination et aux archives.
 

La ferronnerie omniprésente

L'intérieur du bâtiment rompt avec le style renaissance flamande des façades. Les décors géométriques des garde-corps en fer forgé, des chapiteaux des colonnes de la galerie, des staffs du plafond à caissons et des luminaires sont inspirés de l'Art déco. Les deux salles du rez de chaussée sont aussi remarquables mais les lambris, les ferronneries ouvragées des rampes d'escaliers ou le traitement du plafond évoquent une inspiration néo-renaissance. L'escalier d'honneur est éclairé par un immense vitrail réalisé par le maître-verrier lillois Pierre Turpin. Ses tons chauds (orangés, violets) et ses motifs géométriques sont typiques de l'Art déco.

plafond du premier étage

Le premier étage est équipé de boiseries mais le raffinement est de mise au 2ème étage où une vaste galerie dessert les bureaux du directeur et de ses collaborateurs, la salle du conseil d'administration, la salle à manger et le fumoir.

L'ensemble est soigné avec parquet Versailles, cheminées en marbre, lambris en bois précieux, imposants miroirs, mobiliers et luminaires signés Majorelle et Daum. Ces signes de prestige et de finesse soulignent la puissance de la Compagnie et de ses dirigeants.

Les luminaires sont réalisés par Majorelle en association avec Daum, ce sont des éléments clés comme la présence d'un lustre monumental en perles de verres de la salle à manger. La richesse et la mise en scène de la lumière, entre lustres montgolfières de style Empire, plafonniers Art déco rehaussés de motifs gravés ou dispositifs d'éclairages innovants intégrés dans les staffs des plafonds, contraste avec l'univers « noir » de la Mine.

Différents luminaires

Les cheminées sont habillées de marbres d'origines et de couleurs variées (beige, jaune, vert...) tout les tablettes des consoles et des radiateurs.

Les grilles de radiateurs sont elles-aussi en accord avec le style Art déco, il s'agit généralement de décors en ferronnerie ajourés géométriques et stylisés. Dans la salle du conseil d'administration, ces grilles reprennent les motifs des origines du charbon (fougères, ammonites).

Radiateur avec fougère

Armoires, consoles, banquette et lambris sont issues du savoir-faire des ateliers Majorelle. Les lignes du mobilier sont épurées mais celui-ci est réalisé à partir d'essence de bois nobles scrupuleusement sélectionnées. Tout l'art de Majorelle consistait à jouer sobrement sur la combinaison de différentes teintes de bois ou la création de motifs grâce à des agencements particulièrement soignés. Parfois, des décors sculptés viennent rehausser l'ensemble comme des motifs floraux stylisés qui ornent le meuble et les encadrements de portes du fumoir mais aussi des lampes de mineurs sur les boiseries de la salle du conseil d'administration. La ferronnerie est aussi à l'honneur avec les serrures et ornements métalliques des meubles.

Lampe de mine sculptée

Fumoir

Signature de "l'artiste" Majorelle
 

L'après-Mine :

Malheureusement, une partie de ce mobilier exceptionnel (grande table de la salle de réunion, luminaires...) a été dispersée à la fin des HBNPC dans le cadre notamment d'une vente aux enchères réalisée à Lille en 1990.

La Faculté des Sciences est créée au début des années 1990 et succède à celle de l'IUT en 1986. Pour loger cette nouvelle entité éducative, les Grands Bureaux apparaissent comme un lieu idéal. Ils sont rachetés aux HBNPC au franc symbolique et permettent d'accueillir plus de 1000 étudiants et dans les délais nettement plus courts que pour une construction neuve. Il faudra tout de même y faire d'importants travaux de rénovation et d'aménagement entre 1990 et 1992 comme la création d'amphithéâtres, de laboratoires, la mise aux normes de sécurité et d'accessibilité. Bien sûr, ces travaux modifient profondément les dispositions intérieures. Les cloisons qui séparaient les différents bureaux sont abattues pour créer des salles de cours. Un circuit de coursives est créé à l'intérieur de la cour pour faciliter les circulations. La plupart des carrelages de sol et les décors en mosaïques ou lambris disparaissent.

C'est bien sûr regrettable mais nécessaire pour assurer une reconversion au bâtiment et éviter, comme les Grands Bureaux des Mines d'Aniche, sa destruction.

Les espaces prestiges réservés à la direction sont épargnés par ces transformations. L'ensemble de la FAC occupent les locaux depuis 1992.

L'édifice reconnu au titre des Monuments Historique en 2009 et intégré depuis 2012 au Bien «Bassin minier Nord-Pas de Calais» inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

La faculté des Sciences Jean Perrin accueille aujourd'hui environ 1100 étudiants et propose des diplômes de niveau licence, master et doctorat dans trois grands domaines scientifiques:

-Mathématiques-Informatique

-Sciences de la Matière

-Sciences de la Vie et de la Terre

Sources : laissez-vous conter les Grands Bureaux Ville et pays d'art et d'histoire Lens-Liévin


Date de création : 28/09/2018 @ 16:12
Catégorie : Les sites miniers - Le bassin NPC-Groupe de Lens-Mines de Lens
Page lue 121 fois


Votre soutien

Notre travail, ce site internet ont un coût

10€/an

Montant libre

instagram.jpg googleplus.png linkedin.png pinterest.jpg

Les sites miniers
 ↑  
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.

Avant de soumettre ce formulaire, veuillez lire et accepter les Mentions légales.

J'accepte :
Recopier le code :
68 Abonnés