Puits des Lacets et Zagots

Puits des Lacets & Zagots des Mines de Decize

En 1841, l’ouverture commerciale offre de nouvelles possibilités aux Houillères de La Machine pour valoriser les fines par la fabrication de coke (charbon issu de la distillation de houilles grasses). Les essais non-concluants entraînent le fonçage d’un nouveau puits en 1840 : celui des Zagots. Ce dernier est équipé d’une machine d’extraction à vapeur de 20 Ch fournie par Schneider. Il permet d’extraire la houille des couches du Crot Benoît (2,20 m de puissance) et deuxième Blard (2 m de puissance). Quant au puits des Lacets, foncé dans le même temps, celui-ci atteint 513,6 m en 1885. L'extraction s’arrête en 1893, il sert ensuite à l’aérage du puits Haute Meule.

 

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Le puits Zagots est ravalé en 1871, les installations sont modernisées. Il est doté notamment d’un nouveau chevalement et d’une nouvelle machine d’extraction à vapeur Schneider de 150 Ch à 2 cylindres, course du piston 2 m, animant 2 bobines à câbles plats en aloès. Cette même vapeur est elle-même animée par 5 chaudières dont le tirage provient d’une cheminée de 30 m de haut. Un tunnel souterrain de 700 m le relie au puits des Glénons ainsi qu’une nouvelle voie partant du puits des Zagots et se dirigeant au Sud vers le bourg de la Machine à 260 m.

Ancien chevalement campanile surélevé, salle des machines et chaufferie début XXème siècle

Ancien chevalement, salle des machines et chaufferie début XXème siècle

Le puits des Zagots comporte également dans sa construction d’origine un atelier de criblage et triage qui rassemble l’extraction des Zagots ainsi que celle de la Haute-Meule, reliées toutes deux par un chemin de fer. Il possède plusieurs étages d'exploitation : 150, 220 et 300 m. La profondeur de 300 m est atteinte en 1927 avec un élargissement du puits.

Vue aérienne dans les années 50 avec le nouveau chevalement en bois sans couverture

Ancien chevalement, campanile simple début XXème siècle

Quand, en 1927, démarre le fonçage du nouveau puits St-Paul qui vient remplacer le vétuste puits Marguerite, les plans inclinés des chariots porteurs de la Haute-Meule et des Zagots devenus vétustes également, sont modernisés et remplacés par un système de trainage par câble du puits St-Paul au puits des Zagots. Cela impacte le puits des Zagots qui est alors approfondi à 400 m, et sa section est agrandie et muraillée de façon circulaire de sorte à permettre la circulation de deux cages de 4 bennes.

En 1952-1954, il est nouvellement modernisé et notamment par l’électrification du puits : extérieur (renforcement du chevalement en bois) et installation d'une machine électrique avec un treuil de 400 Ch d’origine Fournier-Mouillon à Génelard (71). Une fendue (fendue du renard) est réalisée à partir de puits.

Salle des machines encore présente en 2020

Il est arrêté le 9 octobre 1961. Il aura gardé un chevalement en bois, combustible, par dérogation du service des mines, jusqu’à la fin de sa carrière, un des derniers chevalements en bois encore en exploitation.

Jean-Louis HUOT pour l'APPHIM

Sources : La machine et sa houillère Louis Lanoizelée 1964, col APPHIM – Rail et Industrie N°81 col APPHIM. Association culture et loisirs, et Association machinoise de conservation des souvenirs miniers, éd. La Machine et ses environs. Mémoire en images. Joué-lès-Tours: A. Sutton, 1998. col APPHIM - Sougy, Nadège. Les charbons de la Nièvre: la houillère de la machine, ses produits et ses marchés, 1838-1914. Histoire industrielle. Grenoble: Presses universitaires de Grenoble, 2008, col APPHIM

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Date de création : 30/03/2022 12:49
Dernière modification : 02/01/2024 11:48
Catégorie : - Le bassin Centre-Midi-Les houillères de Blanzy-Bassin de Decize
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