Le puits Marguerite

Le Puits Marguerite des Mines de Decize

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Le puits début XXème

Le puits Marguerite est foncé en 1846, permettant d’atteindre la couche de la Basse-Meule à 204 m de profondeur et atteignit 245 m puis 500 m. Il était bâti sur une voie d’échange avec des bennes ovales en voie de 500 mm et tirées par les chevaux vers le plan incliné de la Haute-Meule.

En 1890, le puits subit de plein fouet une catastrophe minière. En effet, deux coups de mine ont été tirés successivement. Sans protection préalable (arrêt barrage, arrosage d’eau…), les flammes se propagent dans les travaux souterrains : le premier a dégagé un nuage de matières volatiles que le second a enflammées. Les 15 mineurs travaillant dans les chantiers sont brûlés ou asphyxiés sur le coup. Trois autres mineurs sont découverts sous un éboulement. Une fois l’explosion passée ce sont les gaz mortels qui tuent 8 hommes. Ces gaz poursuivent le chemin vers le puits Zagot qui servait d’aérage à la fosse : 17 morts seront encore à déplorer.

 

Les installations : chaufferie, salle des machines et chevalement

Le bilan tragique de cette journée s’élève à 43 morts. C’est la plus importante catastrophe du bassin de Decize. Le puits Marguerite fonctionnera jusqu’à la mise en service du puits Henri Paul situé à proximité. Il est remblayé en 1927.

La salle des machines en bleu

La salle des machines début 2000, photo S. Berrut

Cette catastrophe conduit à l’aménagement d’une centrale électrique en 1893 à côté des bureaux, du puits de la Chapelle et des ateliers au centre du bourg de La Machine. Des machines à vapeur alimentent en électricité des installations des Houillères par le biais de dynamos. On compte alors 64 éclairages, et notamment des moteurs électriques permettant l’aération des galeries. En 1895, les mineurs voient les premiers perforateurs et marteaux piqueurs comme nouveaux outils leur permettant de meilleures conditions de travail mais aussi une meilleure rentabilité pour l’employeur ; on voit également apparaître des treuils à air comprimé et une pompe d’exhaure souterraine au puits de la Haute-Meule. L’air concentré étant géré par une batterie de deux compresseurs au sein d’un nouveau bâtiment implanté près du puits de la Chapelle qui va devenir la salle des fêtes de la commune de La Machine.

Jean-Louis HUOT pour l'APPHIM

Sources : La machine et sa houillère Louis Lanoizelée 1964, col APPHIM – Rail et Industrie N°81 col APPHIM. Association culture et loisirs, et Association machinoise de conservation des souvenirs miniers, éd. La Machine et ses environs. Mémoire en images. Joué-lès-Tours: A. Sutton, 1998. col APPHIM - Sougy, Nadège. Les charbons de la Nièvre: la houillère de la machine, ses produits et ses marchés, 1838-1914. Histoire industrielle. Grenoble: Presses universitaires de Grenoble, 2008, col APPHIM

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Date de création : 05/05/2022 14:42
Dernière modification : 02/01/2024 11:52
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