La mine Ensisheim, puits 1 à Ensisheim

La mine Ensisheim (VE) puits 1

Les trois puits d’Ensisheim ont la particularité d’être implantés sur trois concessions différentes. Le puits Ensisheim 1, également appelé puits Sainte-Thérèse, appartient à la concession du même nom.

Situé à environ 800 mètres au sud-ouest d’Ensisheim, à une cinquantaine de mètres au nord de la route d’Ensisheim à Pulversheim, le puits se trouve à l’altitude de 219 mètres. Il est relié à la gare d’Ensisheim par des voies ferrées industrielles, permettant l’acheminement du personnel et des produits.

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Mine Ensisheim n°1 vers 1925.

Fonçage et mise en exploitation

Le fonçage du puits débute en juillet 1912. La présence, immédiatement sous la surface, de puissants niveaux de graviers très aquifères impose le recours à la congélation des terrains, procédé indispensable pour permettre le fonçage en toute sécurité. Les travaux sont dirigés avant la Première Guerre mondiale par M. Grave, puis repris après-guerre sous la direction de M. Schwartz.

La déclaration de guerre en 1914 entraîne l’arrêt du fonçage à environ 720 mètres de profondeur. À la suite de cet arrêt prolongé, le puits se trouve entièrement envahi par une solution saline presque saturée. Les opérations de remise en état et d’assèchement débutent après l’armistice ; elles sont achevées à l’été 1919, mais le fonçage ne reprend effectivement qu’en avril 1920.

La couche supérieure de potasse est atteinte en septembre 1920, puis la couche inférieure est traversée en octobre 1920, entre 863 et 867 mètres. La profondeur définitive du puits atteint environ 895 mètres.

Premier chevalement

Installations et extraction

Dès 1920, le puits Ensisheim 1 est mis en extraction. La production débute modestement avec 690 tonnes, mais augmente rapidement au fil des années. Dix ans plus tard, l’extraction annuelle dépasse 450 000 tonnes, témoignant de l’importance croissante du siège.

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photo association Kalivie

Le puits Sainte Thérèse et la fabrique en 1940

Le puits est équipé d’un chevalement culminant à 57,50 mètres. La cage, associée à des skips en alliage léger, peut accueillir jusqu’à 35 mineurs sur deux niveaux. Le puits connaîtra trois grandes modernisations de ses installations d’extraction.
La première machine d’extraction est électrique, d’une puissance de 52 kW. En 1931, elle est remplacée par une machine à tambour bicylindroconique de 975 kW, beaucoup plus performante.

Accidents et incendies

Le 16 octobre 1931, un incendie se déclare au fond du puits, provoqué par l’échauffement d’un treuil. Mais l’événement le plus dramatique survient le 13 août 1934, lorsqu’une explosion de grisou, suivie de plusieurs déflagrations, ravage une galerie située à près de 900 mètres de profondeur. Neuf mineurs trouvent la mort, deux autres succombant ultérieurement à leurs blessures. L’explosion est si violente qu’elle est ressentie jusqu’au carreau.

À la suite de cette catastrophe, le chevalement est remplacé en 1937. Le nouvel équipement comprend un skip et une cage capable de transporter jusqu’à 50 mineurs.

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Dans les années 60

Guerre, reconstruction et fin d’exploitation

En 1945, lors de leur retraite, les troupes allemandes dynamitent le chevalement, pourtant récent. Celui-ci est reconstruit dès 1946 et équipé de deux skips. Malgré les lourds dégâts subis, l’exploitation reprend rapidement : la production de 1946 atteint plus de 115 000 tonnes, avant de retrouver, dans les années suivantes, des niveaux annuels compris entre 500 000 et 800 000 tonnes, avec un record en 1959.

Le puits Ensisheim 1 cesse toute activité d’extraction en 1961. Le chevalement, bien que inutilisé, est conservé jusqu’en 1999, date à laquelle il est démoli pour des raisons de sécurité.

Installations du jour et fermeture

Dès 1922, les Kali Sainte-Thérèse (KST) installent sur le carreau du puits une usine de traitement, exploitée jusqu’en 1975. À partir de 1961, cette usine est toutefois alimentée en minerai provenant de la mine Rodolphe. Une usine à brome est également construite en 1927, renforçant le rôle industriel du site.

Le puits Ensisheim 1 est comblé en 1989. Aujourd’hui, il subsiste cinq bâtiments, dont l’imposant bâtiment de la machine d’extraction, derniers témoins matériels de l’activité du puits Sainte-Thérèse et de l’histoire minière d’Ensisheim.

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Vue satellite du site en 2007, en rouge, les 5 bâtiments visibles, en bleu, dalle du puits 1.

Il subsiste 5 bâtiments, dont celui de la machine d'extraction.

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Vue des bâtiments d'Ensisheim 1 depuis le site d'Ensisheim 2.

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Bâtiment de la Machine d'extraction du puits Ensisheim 1.

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Dalle du puits Ensisheim 1.

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Ancien bâtiment électrique, transformé en résidence.

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Bureaux

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Loge du garde.

Jean-Louis HUOT pour l'APPHIM

Sources : Chroniques de Mines de Potasse d'Alsace, R. Weissenberger, Ed mémoire d'entreprises-Les Hommes et la potasse Bulletin 7&8 Maison du mineur 1987

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Date de création : 05/07/2011 16:23
Dernière modification : 08/02/2026 14:28
Catégorie : - Le bassin d'Alsace-Mines de Kali Sainte Thérèse
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