Le siège de la Tronquié

Le siège de la Tronquié
 

Les deux chevalements en bois

Modernisation des chevalements en 1917

Le développement de l'exploitation minière vers les zones plus profondes du sud du bassin a conduit à la création d'un nouveau siège d'extraction, le siège de la Tronquié, qui s'est rapidement imposé comme le plus profond de tout le bassin.

Le fonçage du puits principal, appelé le puits numéro un ou grand puits, débute le 15 septembre 1878. Initialement prévu pour atteindre une profondeur de 400 mètres, les travaux s'y arrêtent à la fin du mois de juillet 1882 à une profondeur finale de 386,50 mètres. Le second puits, le puits numéro deux, commence à être creusé le 2 janvier 1883. Bien qu'il ait été initialement conçu pour assurer le retour d'air, il est achevé en décembre 1886 à une profondeur de 304 mètres. L'exploitation s'est ensuite faite à grande profondeur, notamment dans les veines de charbon comprises entre les lettres C et E, avec des galeries qui sont descendues jusqu'à l'étage 500, un niveau activement exploité jusqu'en 1932.

Les deux chevalements modernisés dans les années 1920

L'année 1932 marque une réorganisation importante de l'exploitation. L'atelier de triage en surface est définitivement supprimé. Le puits numéro un est alors affecté exclusivement à la remontée du charbon pour desservir les recettes des étages 130 et 180, tandis que le puits numéro deux est affecté au service, assurant la descente du personnel, du matériel et des remblais pour les étages 130, 180 et 230. Pour la gestion de l'aérage, les puits un et deux servent tous deux d'entrée d'air pour la mine, alors que le retour d'air s'effectue par les puits extérieurs de Blaye et des Bruyères.

Dans les années 1950, précisément en 1952 ou 1954 selon les sources, la mise en service des fendues, qui sont des galeries inclinées partant de la surface, change radicalement la configuration du site. L'extraction du charbon par les puits de la Tronquié est supprimée, et ces derniers sont relégués uniquement au service du personnel, du matériel et des remblais. En 1962, le roulage est modernisé avec le remplacement des anciennes locomotives à trolley par six locomotives à accumulateurs de marques Bartz et Decauville. À cette période, en juin 1962, le siège compte un effectif total de 847 salariés, dont 739 travaillent au fond et 108 au jour.

En raison de sa grande profondeur, le puits de la Tronquié était particulièrement exposé au risque de grisou, à la différence d'autres mines du bassin classées comme non grisouteuses. Après plusieurs dégagements instantanés de grisou signalés en 1906, 1907, 1909 et 1912, des mesures de sécurité strictes sont imposées et l'éclairage traditionnel à acétylène à flamme protégée y est proscrit. Les mineurs doivent alors obligatoirement utiliser des lampes de sûreté de type Mueseler à fermeture par rivet de plomb, remplacées plus tard par des lampes Marsaut à fermeture magnétique Villiers. Malgré ces précautions, une tragédie survient le 24 novembre 1965. Une violente et brutale réapparition du grisou déclenche une explosion, suivie d'un coup de poussières, provoquant la mort de 12 mineurs.

Le siège de la Tronquié restera le tout dernier site minier en activité de l'ensemble du bassin. Il cesse définitivement de fonctionner le 1er août 1987. Quelques années plus tard, en 1990, les chevalements métalliques de 20 mètres ainsi que l'ensemble des installations et des bâtiments de surface sont démolis. Aujourd'hui, plus aucun vestige ne subsiste sur le site, toutes les installations ayant été entièrement détruites.

Vue satellite actuelle

Sources : Association Histoire des Mines du Carmausin-Mineurs de fond Carmaux Albi Kowalik GUIOLLARD

Jean-Louis HUOT pour l'APPHIM

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Date de création : 30/05/2013 13:07
Dernière modification : 16/07/2026 17:56
Catégorie : - Le bassin Centre-Midi-Les houillères d'Aquitaine-Groupe Tarn
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