Puits Grillatié

Les puits de la Grillatié

Le puits 1 vers 1930

Le siège dans les années 20

Le siège de la Grillatié est le plus ancien de ses quatre sièges d'extraction contemporains. Son développement s'est structuré autour de deux puits principaux pour répondre aux besoins croissants de l'exploitation et aux nécessités d'aérage :

Le Puits n°1 : Le fonçage débute le 10 novembre 1833 et s'achève le 1er mai 1839 à 226 mètres de profondeur. Initialement, l'aérage est très difficile malgré une communication avec le puits voisin des Acacias (qui servait également de retour d'air, au personnel et au matériel). Le chevalement d'origine, construit vers 1860, était en bois (type avant-carré porteur).

Le Puits n°2 : Pour remédier aux problèmes de ventilation, ce second puits est foncé à partir de 1858. Achevé en 1875 à 315 mètres de profondeur, il est équipé d'une machine d'extraction à vapeur de 250 Ch. Le puits 2 devient alors le centre principal d'extraction, reléguant le puits 1 au service auxiliaire (personnel, aérage, matériel). Son premier chevalement, construit en 1878 par les Établissements Imbert (Loire), est à la pointe de la technologie : une structure métallique tubulaire sur soubassement de maçonnerie, entièrement bardée de tôles et surmontée d'un élégant campanile.

Le siège dans les années 20

Tout au long de son activité, le siège de la Grillatié se distingue par un haut niveau de modernité et par de nombreuses expérimentations techniques. Dès 1857, le puits n°1 est équipé de cages guidées sur rails en bois, selon une technique anglaise destinée à limiter le balancement des cages et à accroître leur vitesse de circulation. Quelques années plus tard, en 1861, des voies ferrées d’un écartement de 0,57 m sont introduites au fond, d’abord avec une traction animale assurée par des ânes. L’électrification intervient ensuite très tôt : les ânes sont remplacés en 1900 par des locomotives électriques à accumulateurs, puis, en 1904, par des locomotives à trolley alimentées en 150 volts. Cette innovation est rendue possible par le caractère non grisouteux des couches de Carmaux.

Les puis 1 et 2 lors du changement de chevalements dans les années 30

Les puis 2 et 1 équipés de chevalements métalliques. Le puits 1 a conservé sa recette ouverte

La modernisation concerne également les installations de surface. En 1918, les anciennes machines d’extraction à vapeur sont remplacées par de puissants moteurs électriques SACM, développant deux fois 650 Ch. Les câbles plats en aloès, conservés dans un premier temps, cèdent progressivement la place à des câbles en acier. Le carreau de la Grillatié forme alors un ensemble particulièrement complet : il comprend un atelier de triage et de criblage relié par voie normale aux fours à coke et aux installations de carbonisation, ainsi que des ventilateurs, des compresseurs, une lampisterie, des vestiaires, des bureaux et des parcs à bois.

Au fil du XXe siècle, le siège de la Grillatié connaît une importante phase d’évolution, tant dans son paysage industriel que dans ses méthodes d’exploitation. Les anciens chevalements sont remplacés par des structures modernes plus imposantes, atteignant environ 20 mètres de hauteur. Entièrement réalisées en acier et sensiblement identiques l’une à l’autre, elles sont équipées de deux cages capables d’accueillir chacune quatre berlines de 500 litres.

Les techniques d’exploitation évoluent également. Après des essais de remblayage hydraulique menés dès 1904, le site expérimente à partir de 1932 le foudroyage avec piles de bois. Cette modernisation s’accompagne d’une rationalisation progressive de l’exploitation : en 1923, celle-ci est organisée par étages, aux niveaux 70, 115, 168, 209, 264 et 315.

La logistique du siège s’adapte elle aussi aux besoins de l’exploitation. Pour assurer les services indispensables — notamment l’acheminement des berlines vides, des remblais et du matériel — d’anciens puits, comme celui de Lendrevrié, sont utilisés. Par la suite, deux fendues sont creusées afin de desservir les différents niveaux : la fendue de Lendrevrié pour les veines supérieures et celle de Bois-Redon pour les veines inférieures.

vue 2011

Dans une logique de concentration de l'extraction, le siège de la Grillatié est relié à l'étage 230 du siège Tronquié en 1954 via les fendues du CPC. Cela entraîne la suppression totale du roulage par berlines de 500 litres en juin 1957.

Malgré cette concentration de la remonte, le site reste très actif sur le plan humain : en juin 1962, il compte encore 529 mineurs (459 au fond et 70 au jour). L'exploitation cesse définitivement en 1969, affichant un bilan impressionnant de plus de 21 millions de tonnes de charbon extraites au cours de son histoire. Quelques bâtiments subsistent encore aujourd'hui sur le site, témoins de cette riche épopée industrielle.

Sources : Association Histoire des Mines du Carmausin-Mineurs de fond Carmaux Albi Kowalik GUIOLLARD

Jean-Louis HUOT pour l'APPHIM

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Date de création : 29/04/2013 22:17
Dernière modification : 28/06/2026 15:50
Catégorie : - Le bassin Centre-Midi-Les houillères d'Aquitaine-Groupe Tarn
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